L’étude « Radiographie des favelas brésiliennes » révèle un sentiment de bonheur et un taux de consommation supérieurs à ceux des pays voisins

, par Adital

Source : Adital

Traduction pour Autres Brésils : Piera Simon-Chaix (Relecture : Caroline Sordia)

La majorité des habitants des favelas du Brésil se déclarent heureux dans la favela où ils sont nés et où ils vivent. Le taux de consommation des favelas brésiliennes est supérieur à celui de pays comme la Bolivie, le Paraguay et l’Uruguay. Selon un rapport, si les favelas étaient un pays, elles occuperaient la 71ème place dans le classement des taux de consommation, avec des dépenses de 63,2 millions de reais par an. C’est ce que révèle l’étude « Radiographie de la nouvelle favela brésilienne », lancée aujourd’hui (4 novembre) lors du 1er Forum « Nouvelle Favela Brésilienne ». Ce nouvel événement a pour but de développer un réseau de contacts utiles pour stimuler les initiatives qui contribuent au développement économique des favelas. L’étude, effectuée par l’institut Data Favela (Données sur les Favelas), a interrogé 2 000 habitants de 63 communautés brésiliennes.

La recherche « Radiographie de la nouvelle favela Brésilienne » est la première de Data Favela, institut qui se concentre sur les classes C et D [1]. Elle montre également que 81% des personnes interrogées aiment vivre au sein de la communauté, 60% n’ont pas honte de vivre dans la favela. 66% des personnes interrogées ne souhaitent pas sortir de la communauté ; 51% pensent qu’elle s’est améliorée et 76% croient qu’elle va s’améliorer encore plus.

Cependant, tous les indices relevés ne sont pas positifs. Près de 30% des habitants des communautés affirment avoir déjà souffert de préjugés. 32% de ceux qui se sont déclarés victimes de préjugés l’ont été en raison de leur couleur de peau, et 30%, parce qu’ils habitent dans une favela. Pour 20% des sondés, les préjugés venaient du manque d’argent, et pour 8% d’entre eux, des vêtements qu’ils portaient. L’enquête met aussi en évidence que 37% des habitants de favelas ont déjà été interpellés par des policiers, proportion qui atteint 65% lorsqu’il s’agit de jeunes âgés de 18 à 29 ans.

La divulgation des données fait partie de la programmation du premier forum « Nouvelle Favela Brésilienne », qui a lieu dans le cadre des commémorations du « Jour de la Favela », le 4 novembre. L’événement a été créé pour fournir des contenus qui contribuent à l’amélioration de la vie des gens, surtout ceux qui sont plongés dans l’univers des favelas, et également des politiques publiques pensées à partir d’une connaissance solide du terrain.

Jour de la Favela

Le Jour de la Favela a été institué dans le calendrier officiel de l’état de Rio de Janeiro par la loi n°4383 du 28 juin 2006. Dans l’état du Minas Gerais, le projet de loi a été approuvé le 3 juillet 2013. Ce projet s’empare de la proposition de valorisation des communautés qui vivent dans des favelas. L’initiative de la création du Jour de la Favela a pour objectif d’apporter des modèles positifs d’identification des communautés à la ville, à travers la restauration de l’estime de soi et de la citoyenneté des riverains.

Note du traducteur :
[1] Les classes C et D sont les plus défavorisées de la société brésilienne

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