L’effondrement du site de Vale retarde la recherche de victimes de l’exploitation minière à Brumadinho

Le hangar en construction à la hâte par un entrepreneur contracté par la Vale, s’est effondré dimanche (27/12).

Traduction de Sylvie MICHAUD pour Autres Brésils
Relecture : Emmanuel ELSENE

L’une des nouvelles tentes utilisées par Vale pour assurer le soutien aux travaux des pompiers dans la recherche des 11 corps, toujours manquants, des victimes de la rupture du barrage Córrego do Feijão à Brumadinho, s’est effondrée ce dimanche (27), avant même d’être terminée. Un travailleur qui était sur place a filmé les dommages.

https://youtu.be/c5Uk9sl-Nys

L’écroulement de la tente aurait eu lieu aux alentours de 18h, selon le rapport (B.O.) du Corps des Pompiers de la base Bravo, auquel Brasil de Fato a eu accès en exclusivité. Toujours selon ce document, l’ingénieur de Vale, Demétrio Carvalhais, a dit à l’équipe qu’il n’y avait pas de victime sous les décombres.

Le rapport dit aussi qu’un homme âgé travaillait dans le local au moment de l’effondrement, mais il a réussi à en réchapper. Il a été référé à un poste médical, sans blessure mais choqué. Le Major Ivan Pereira Neto a été nommé sur les enquêtes à venir.

SYSTEME INTEGRE DE DEFENSE SOCIALE – CORPS DES POMPIERS MILITAIRES N° 2020-062179670-001

BULLETIN D’EVENEMENT fi 2/3

RAPPORT DE RECHERCHE ET DE SAUVETAGE TERRESTRE

HISTORIQUE DES EVENEMENTS / ACTIVITE

Aux alentours de 19h27min, ce rapporteur se trouvait sur la base bravo, et fut abordé par M. Demétrio, ingénieur de Vale, qui a informé de l’effondrement de la tente localisée sur l’aire d’attente 02, aux dimensions de 40m x 100m, destinée a permettre que durant la saison des pluies les recherches des pompiers militaires puissent se poursuivre parmi les résidus miniers, et sous laquelle ces résidus seraient déposés. Le rapporteur s’est immédiatement enquis de l’existence de victimes sous la structure, ce qui n’était pas le cas et a appris que cela s’était produit aux alentours de 18h. L’ingénieur a précisé qu’une seule personne, qui travaillait dans le local, avait été référée au poste médical sous le choc, mais la personne âgée ne présentait aucune blessure. A la question de savoir avec certitude s’il n’y avait vraiment aucune autre victime prisonnière sous les décombres, il fut confirmé qu’aucune autre victime n’était a déplorer. Les faits ont ensuite été relatés au major BM Ivans Santos Pereiraneto, commandant en charge de l’incident, informé que le rapporteur se rendrait sur les lieux pour investigations et qui une fois sur place a constaté les faits. il n’y avait cependant aucun fonctionnaire responsable sur place pour apporter plus d’éclaircissements. Puis en revenant auprès de l’ingénieur, informant que le matin suivant une équipe du CBMMG se rendrait sur place pour procéder à de plus amples investigations ; étant demandé qu’on ne procède à aucun type d’intervention tant que le commandant en charge de l’incident n’ait évalué la situation. Je précise que de plus amples informations seront collectées ultérieurement puisqu’il n’y avait pas de professionnel sur les lieux le permettant, et il sera alors rédigé un nouveau rapport.

Le document ne mentionne pas le nom de la victime qui aurait réchappé de l’effondrement, comme le relatent les pompiers, il n’y a pas non plus d’information sur le lien entre la victime et Vale et quel était son travail sur les lieux

Selon lui, le hangar était en cours de construction par une entreprise tierce, contractée par Vale. « Une fois prêt, le local était destiné à l’usage des pompiers pour soutenir les recherches. Les travaux n’étaient pas terminés. Il était prévu qu’ils le soient à la fin de cette semaine », affirme le Major Neto. Il a expliqué, par ailleurs, qu’avec l’écroulement de la structure, un nouveau retard était attendu.

Les travaux de construction des hangars, qui devaient commencer avant la saison des pluies, pour assurer un soutien aux travaux, ont démarré après le 20 décembre selon des sources liées aux opérations.

L’année dernière, les tentes utilisées durant la saison des pluies étaient déjà en place le 19 du même mois. Selon une note de Vale, à l’époque, deux d’entre elles ont été installées sur une surface de 15 000 m². Sous ces installations étaient déposés les résidus miniers les plus humides, extraits par bulldozer puis acheminés par camion, afin que les pompiers aient les conditions nécessaires à la poursuite de leurs recherches.

Les installations en construction cette année devaient suivre la même logistique d’exploitation cependant, au lieu des tentes de toile utilisées l’année dernière, le choix s’est porté sur des tentes métalliques avec toiture et poutres.
Pour Marta Freitas, une des coordinatrices du Mouvement pour la Souveraineté Populaire dans le Secteur Minier (MAM), l’exploitation minière est l’un des secteurs de travail les plus dangereux au monde et « en tout lieu où il y a un barrage, il est nécessaire de redoubler d’attention avec la sécurité des travailleurs sur leur lieu de travail, spécialement durant les pluies et, autant que possible, de tels mécanismes doivent être préparés au plus tard durant la saison sèche » affirme-t-elle.

D’autres vidéos circulent aussi sur les réseaux sociaux montrant les dégâts.
https://www.facebook.com/watch/?v=145015174072457

Selon Mario Parreiras, auditeur du Ministère du Travail de Minas Gerais, l’organe n’a pas été informé de l’effondrement de la structure dans les installations de Vale. Il déclare que la société minière serait tenue de notifier l’événement uniquement en cas de victimes en état grave ou en cas de décès.

La situation, cependant, inquiète ceux qui travaillent dans le secteur et nuit davantage encore aux familles qui attendent toujours que les corps de leurs proches, tués dans la tragédie provoquée par Vale, soient retrouvés.

Délais d’intervention

En septembre, après 5 mois d’arrêt dans les recherches des corps de 11 victimes de la rupture du barrage à Brumadinho, les pompiers ont repris leurs activités, dans le but de poursuivre les efforts pour apporter des réponses aux familles.

L’opération a été partiellement interrompue le 21 Mars, à cause de la rapide propagation de la covid-19 dans tout l’État. Après cette période, un protocole réglementant la reprise des activités de recherches des militaires à Brumadinho a été approuvé, garantissant les pratiques de protection adéquates pour faire face à la propagation de la pandémie.

Lors de sa visite sur les lieux de recherches, en septembre, le gouverneur Romeu Zema a confirmé son engagement auprès des familles des victimes toujours disparues. « J’ai maintenu le contact avec les proches et je sais combien représentent à leurs yeux des funérailles dignes. J’ai le rêve que nous puissions retrouver ces victimes. » dit-il.

Brasil de Fato a tenté jusqu’en fin de journée lundi (28) de contacter le Corps des pompiers de la base Bravo pour avoir accès au plan de construction des hangars d’appui aux recherches, mais en vain. Sur le site de Vale, aucune nouvelle n’a pu être obtenue non plus sur les travaux des nouveaux hangars ni sur le chronogramme de réalisation des activités. Le nom de la société externalisée, responsable des travaux, n’a pas été divulgué.

Chiffres d’une tragédie sans fin

Le 25 janvier 2019, à 12h28, 10,5 millions de mètres cubes de résidus se sont déversés suite à la rupture du barrage Córrego do Feijão, déclenchant la plus grande tragédie du Brésil en termes de pertes humaines. Á ce jour, 259 victimes ont été identifiées et 11 sont toujours recherchées par le Corps de Pompiers Militaires de Minas Gerais (CBMMG). Selon les pompiers, les recherches ont lieu sur une autre zone, éloignée de la structure qui s’est effondrée dimanche (27/12).

Dans un communiqué de presse, Vale a confirmé que dans l’après-midi du 27 décembre, lors du montage de la tente qui sert de soutien aux travaux de recherche du Corps des Pompiers durant la saison des pluies, un des piliers de la structure a été endommagé. Selon la société minière, il n’y a pas eu de victimes et la zone a été isolée pour permettre des investigations et prendre les mesures pour corriger la structure.

Concernant le retard dans la construction des hangars, Brasil de Fato a tenté de joindre par téléphone le bureau de presse de la société minière mais n’a pas obtenu de réponse ni dans le Minas Gerais ni à Rio de Janeiro.
 
Edition : Leandro Melito

Voir en ligne : Brasil de Fato : « Desabamento em obra da Vale atrasa busca por vítimas da mineração em Brumadinho »

Photo de couverture : La construction de hangars, qui aurait dû commencer avant la saison des pluies, pour assurer un soutien aux travaux, a démarré après le 20 décembre selon des sources liées aux opérations. – Reproduction

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