L’effet collatéral du progrès

, par Carlos Juliano Barros

Grand reportage de Carlos Juliano Barros. 3è partie. Depuis plus de 20 ans, le chemin de fer Carajás a transformé l’environnement et les relations sociales en Amazonie, principalement au travers du développement de la sidérurgie et de la pression exercée sur les terres indigènes du Para et du Maranhão.


Textes et photos de Carlos Juliano Barros (Repórter Brasil)

Traduction : Monica Sessin pour Autres Brésils


Repórter Brasil a parcouru les 892 kilomètres du Chemin de Fer Carajás, de Parauapebas (Pará) à São Luís (Maranhão). Contrôlée par la Compagnie Vale do Rio Doce, géant multinational de l’exploitation minière, dont le bénéfice net a atteint plus R$ 6 milliards au premier semestre 2006, le chemin de fer a commencé à fonctionner en 1985. L’année suivante, a démarré le train de passagers permettant de transporter jusqu’à 1,5 mille personnes.

La voie ferrée, qui traverse 22 municipalités dans les deux Etats, a été construite principalement pour écouler le fer provenant de la plus grande province minière du monde, la Serra dos Carajás, regorgeant aussi de nickel, cuivre, manganèse, or, ainsi que d’autres métaux et pierres précieuses. Les wagons transportent également d’autres chargements de valeur tels que soja, combustibles et fertilisants, jusqu’à la capitale du Maranhão - d’où ils sont exportés dans le monde entier via les ports d’Itaqui et Ponta da Madeira.

Ce projet milliardaire a redessiné une partie significative du paysage amazonien, a encouragé de nouvelles activités économiques, telle la sidérurgie, et a provoqué un chamboulement dans les relations sociales et dans la vie de la population de la région, notamment chez les peuples indigènes. Les conséquences engendrées dans les deux dernières décennies par le Chemin de Fer Carajás, tout au long des endroits qu’il traverse, sont le thème de cette série de 3 reportages de Carlos Juliano Barros.


Açailândia est une ville stratégique pour la Compagnie Vale do Rio Doce, géant mondial de l’exploitation minière dont le chiffre d’affaires a dépassé R$ 10 milliards cette année. Dans cette commune de l’intérieur du Maranhão, le Chemin de Fer Carajás, qui écoule le minerai de fer extrait des entrailles de l’Amazonie « paraense » [du Pará], est relié aux 215 kilomètres du Chemin de Fer Nord-Sud, exploité par l’entreprise par le biais d’une concession du gouvernement fédéral.

L’expansion de cette voie ferrée, qui sur le papier va de Goiânia à Belém, est considérée comme l’un des principaux projets d’infrastructures a être développé dans le pays, afin de réduire le coût du fret de la production des régions Nord et Centre-ouest, qui profitera principalement à l’agrobusiness. Aujourd’hui, les wagons qui partent d’Estreito, au Maranhão, transportent déjà vers les ports de São Luís le soja produit au nord de l’Etat et aussi du Tocantins.

(...)


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