L’eau : sa privatisation patine, mais le droit à celle-ci est encore loin d’être acquis

 | Par Antonio Martins, Le Monde Diplomatique

La société civile a mis fin à l’attribution des sources d’eau à des entreprises privées. Le futur est cependant incertain. Qui prendra les mesures nécessaires pour que l’eau et l’assainissement deviennent des biens publics ?

Source : Blog de la rédaction du Monde Diplomatique brésilien - 24 mars 2008

Traduction : Estelle Mairesse pour Autres Brésils


Le monde a fêté jeudi dernier, 20 mars, la Journée Mondiale de l’Eau, journée instituée par l’ONU et commémorée pour la 15e fois en 2008. La majorité de la population a pris connaissance de cette date grâce aux annonces parues dans les journaux à l’initiative de grandes entreprises, publiques ou privées. Dans les coulisses, se cache derrière ces hommages formels, une énorme compétition déjà en marche.

Durant les deux dernières décennies, des entreprises transnationales – dont les plus importantes sont françaises, cherchent à promouvoir, dans le monde entier, la privatisation des sources et services d’alimentation en eau. Si leurs efforts s’avèrent payants, l’eau et l’assainissement seront considérés comme de simples marchandises, dont l’accès dépend du paiement monétaire. En opposition à cela, un mouvement croissant des sociétés civiles a surgi et s’est articulé avec force, depuis le début du siècle. Son objectif est de faire de l’eau un droit, assuré pour tous les êtres humains, au moyen de mesures redistributives. Sa scène symbolique est celle des Forums Sociaux Mondiaux .

Un texte du journaliste et écrivain Marc Laimé, publié dans l’édition électronique française du journal Le Monde Diplomatique du 19 mars, dresse un bilan récent de cette controverse. Sa première observation est la suivante : grâce à la résistance de la société civile, le désir de privatisation des grandes entreprises a été freiné. L’Amérique latine a été le haut lieu de la résistance. Il y a eu des moments héroïques, tel que « la guerre de l’eau », en 2000, où la population de Cochabamba (en Bolivie) a expulsé l’entreprise nord-américaine Bechtel, qui avait été autorisée à s’approprier la ressource. Un an plus tard, en Argentine, des décisions fermes de la part du gouvernement Kirchner, ont rendu inapplicables puis ont annulé les privatisations qui bénéficiaient jusqu’alors à l’entreprise française Suez.

Au Brésil, jusqu’à présent, presque toutes les tentatives de transfert de services d’initiative privée ont été déboutées, et ce par des pressions issues des mouvements sociaux, prises en compte par l’Exécutif fédéral. Le grand laboratoire des privatisations demeure l’Europe – en particulier les pays de l’Est, où il y a des services d’infrastructures déjà en place, des bureaucrates, encore enchantés par la reconversion au capitalisme classique et dotée d’une société civile faible. Même ainsi, récapitule l’article de Marc Laimé, pas plus de 7 à 8 % de la population bénéficiaire est servie par des entreprises privées.

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