Inondations dans le Minas Gerais / Espirito Santo : la boue toxique de Vale

 | Par Cida de Oliveira

Sur les 196 municipalités en état d’urgence, 88 se trouvent dans le bassin du Rio Doce et 20 à Paraopeba. La plupart des morts se trouvent également dans cette région.

La Défense civile de l’État du Minas Gerais a annoncé vendredi 31 janvier que le nombre de municipalités en état d’urgence en raison des pluies s’élevait à 196 et que 55 personnes étaient décédées et une personne est portée disparue.

Traduction : Luc DUFFLES ALDON pour Autres Brésils
Relecture Du DUFFLES

[article mis à jour le 4 janvier - clarification sur le nombre de morts]

La Protection civile de l’État du Minas Gerais a annoncé vendredi 31 janvier que le nombre de municipalités en état d’urgence en raison des pluies s’élevait à 196 et que 55 personnes étaient décédées. Depuis le 24 janvier, il pleut abondamment dans tout l’État. Une enquête menée par la Rede Brasil Atual révèle que sur l’ensemble des municipalités, où plus de 50 000 personnes ne peuvent rentrer chez elles, 108 sont riveraines des mêmes rivières où se sont déversés les boues avec les résidus miniers de Vale.

Ce sont au total 88 municipalités dans le bassin du Rio Doce, tels que Barra Longa, Barão de Cocais, Coronel Fabriciano, Caratinga, Ervália, Guaraciaba, Itabira, Manhuaçu, Naque, Ponte Nova, Pedra Bonita, Santa Bárbara, São Geraldo, Sem-Peixe, Ubá et Mariana - où le barrage de Samarco, sous la gestion de Vale, a cédé en 2015. Les 20 autres sont situées dans le bassin de Paraopeba. Parmi elles les villes de Congonhas, Conselheiro Lafaiete, Betim, Esmeraldas, Ouro Branco et Brumadinho.

Bulletin de la Protection civile du 30 janvier 2020

La rupture du barrage de Fundão, à Mariana, a libéré un volume de déchets miniers et de matériaux utilisés pour sa construction estimé à 44 millions de mètres cubes qui ont englouti le district de Bento Rodrigues, à 35 km de Mariana.

Selon une note technique de l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables, la vague résultant de la rupture du barrage a progressé en emportant sur 77 km une partie de la végétation et des sédiments à travers les eaux du ruisseau Santarém et des rivières Gualaxo do Norte et Carmo jusqu’à ce qu’elle atteigne le fleuve Doce. Cette vague a parcouru ensuite près de 650 km, jusqu’à l’embouchure, à Linhares dans l’Etat de Espírito Santo.

Il y a un an, le 25 janvier 2019, alors que les travailleurs déjeunaient dans la cantine de Vale à Brumadinho, le barrage de la mine Córrego do Feijão s’est rompu. Plus de 12 millions de mètres cubes de boue ont été déversés à une vitesse de plus de 80 kilomètres à l’heure, atteignant Paraopeba le même jour. Deux mois plus tard, la boue avait déjà atteint le fleuve São Francisco.

Ce n’est pas une coïncidence

Selon la professeure Dulce Maria Pereira, du laboratoire d’éducation environnementale de l’Université Fédérale d’Ouro Preto (UFOP) : lien de l’interview

« Les inondations sont liées à la rupture des barrages car il y a eu un impact géologique sévère avec un volume d’eau beaucoup plus important que le normal. Ce changement que nous constatons dans le paysage est dû à cet impact géologique. Ce sont environ 55 millions de mètres cubes de boues de déchets miniers déversés dans les territoires, ce qui provoque de nombreux problèmes » explique la professeure.

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Selon elle, la concentration des rejets augmente la température de l’eau. Dulce cite une recherche effectuée à l’UFOP qui a permis d’identifier une altération de sept degrés de la surface de l’eau à Barra Longa et à Mariana. « Nous vérifions ces données avec nos collègues des universités des États-Unis et du Canada parce que ces données veulent dire plusieurs choses. Il en résulte une grave interférence dans le cycle de l’eau. Et nous avons tous les autres facteurs historiques de canalisation des cours d’eau, sans investir dans la récupération des forêts riveraines qui ont été touchées avec la force des rejets, balayant tout », dit-elle.

Jeudi (30), le Mouvement des personnes atteintes par les barrages (MAB) a reproché à la compagnie minière Vale d’avoir envasé les rivières Doce et Paraopeba. . Le mouvement fait le lien avec les résidus de minerai déposés après la rupture des barrages de Mariana et Brumadinho.

[ Lien vers la conférence de presse organisée par le MAB ]

« Avec l’envasement de la rivière et les inondations, la boue se répand dans des endroits où elle ne passait pas auparavant. Les personnes atteintes sont face à des épisodes d’empoisonnement chronique, il existe des études qui prouvent que la poussière dans les foyers est contaminée par des métaux hautement toxiques », a déclaré José Geraldo Martins, un militant du MAB.

Selon M. Martins, les gens souffrent de l’exposition à la boue pendant la saison des pluies et aussi de la boue sèche, lorsqu’elle se transforme en poussière. « Ensuite, des particules de métaux comme le cadmium, l’aluminium, le plomb, le fer, le manganèse et le nickel sont répandus », a-t-il déclaré.

Résidente de la ville de Juatuba, inscrite sur la liste de la Défense civile et frappée par le crime de la Vale à Brumadinho, Joelísia Feitosa a déclaré qu’avec le début des inondations, le MAB a déposé un document auprès du bureau du procureur, le vendredi 24 janvier. La Vale n’a pas exprimé son intention de soutenir les personnes dans cette situation.

« Beaucoup de gens [1] ont perdu leur maison et n’ont à ce jour aucune information sur les soins de santé à suivre. Les animaux sont en train de mourir en buvant l’eau contaminée », a déclaré le membre du MAB.

Selon le mouvement, la compagnie minière devrait informer la population sur les risques sanitaires et apporter les réparations nécessaires pour les dommages causés dans les régions touchées par les inondations qui ont maintenant comme facteur aggravant des boues toxiques. En outre, le MAB dénonce l’absence de conseillers techniques, toujours pas mobilisés à ce jour – le soutien de ces conseillers techniques est un droit garanti aux populations par les tribunaux. Ils doivent aider les personnes concernées à obtenir des informations techniques sûres qui ont servi de base dans les revendications de leurs droits après les crimes environnementaux de Mariana et de Brumadinho.

La Fondation Renova, créée à partir d’un Accord d’ajustement de conduite pour coordonner les actions de réparation à Mariana, nie, au moyen d’une note [2], qu’il y ait des contaminants dans l’eau.

Voir en ligne : Rede Brasil Atual

[1Selon les dernières infor,ation du 29 janvier, 44 929 personnes avait quittés leurs logements pour aller chez des parents et 8 529 sont accueillis dans des publics improvisés.

[2Non traduite

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