Festival latino-américain de Pau (>> 29 mars)

, par Autres Brésils

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Les mensonges se ramassent à la pelle

Lorsque nous avons créé le Festival CulturAmérica, nous dénoncions le « culte du marché ». De gauche comme de droite, à l’époque, chacun y communiait avec ferveur. Dix-sept ans plus tard, patatras !, c’est la crise du système du fric-roi. Les masques du néolibéralisme sont tombés, les mensonges se ramassent à la pelle, et les menteurs, cyniques, paradent toujours. Mais qui va payer la note ?

La crise rend l’ordre du monde encore plus meurtrier pour les plus faibles. Les crimes quotidiens contre l’humanité : la faim, le pillage des richesses, l’exclusion, le saccage de la nature, sont sciemment organisés. Un pour cent seulement des mille sept cent milliards que les pays de l’Union européenne ont « libéré » pour « sauver les banques » suffirait à rayer la faim de la carte du monde. Faut-il avoir la cruauté de rappeler que tandis que les milliardaires s’empiffrent, cent mille personnes meurent chaque jour de la faim ou de ses conséquences. Le sourire d’Obama ne suffira pas à renverser cet ordre insupportable du monde.
En Amérique latine, les peuples ont pris leur destinée en main. Le continent est devenu un laboratoire des luttes pour la démocratisation effective, pour des alternatives émancipatrices. L’Amérique latine oppose désormais un front commun régional à l’hégémonisme impérialiste des Etats-Unis et de l’Europe. Un monde multipolaire émerge. Obama devra en tenir compte s’il veut, comme il l’affirme, redorer le blason, bien terni, des Etats-Unis. Il lui faudra, par exemple, en finir avec l’embargo contre Cuba, qui a coûté à l’île 93 milliards de dollars depuis 1960, et d’innombrables souffrances. Le XVII Festival consacre une place centrale au Cinquantième anniversaire de la Révolution cubaine, un processus historique inédit au cœur d’un continent en ébullition. Un continent qui trop souvent reste relégué ou caricaturé par les « médiamensonges » occidentaux.

Face à l’entreprise planétaire de colonisation des esprits, d’imposition de valeurs frelatées, de visions du monde en trompe l’œil, conquérir le pluralisme culturel est un enjeu politique majeur. Le Festival latino-américain CulturAmérica lutte pour un monde qui assure entre les hommes et les cultures des rapports d’échanges solidaires et d’humanité. A égale dignité. En toute « mondialité » (Edouard Glissant). Cette utopie, comme dirait Victor Hugo, « c’est déjà la vérité de demain ».


Le Président,
Jean Ortiz

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