En niant la gravité de l’épidémie, Bolsonaro met les favelas et les peuples autochtones en grand danger

 | Par Basta !, Ivan du Roy

Dans les quartiers pauvres des grandes villes brésiliennes, surpeuplés, le confinement est presque impossible. Les médecins demandent des moyens pour le service public de santé. Le président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, rejette toute mesure de lutte contre la propagation du coronavirus

« L’ironie, c’est que cette maladie a été amenée au Brésil par avion, par les riches, mais c’est chez les pauvres qu’elle va exploser.  » L’alerte est lancée le 23 mars par Paulo Buss, médecin pédiatre et responsable de la fondation Oswaldo-Cruz (Fiocruz) qui, sous l’égide du ministère de la Santé brésilien, coordonne la recherche, la production de vaccins et, désormais, la diffusion de kits de dépistages du coronavirus [1]. Le Brésil connaît alors depuis quelques jours ses premiers morts liés au Covid-19. Dans l’État de Rio de Janeiro, la première victime de l’épidémie est d’ailleurs une femme de ménage de 63 ans, contaminée par son employeur qui a ramené le coronavirus d’Italie [2].

La Fiocruz s’inquiète particulièrement pour les favelas, ces quartiers populaires densément peuplés et largement dépourvus d’infrastructures de base, comme le raccordement des habitations à l’eau courante. Plus de onze millions de Brésiliens (6 % de la population) vivent au sein des 6300 favelas recensées du pays. « Beaucoup des mesures adoptées ou des recommandations, toutes correctes, ne sont pas adaptées à ces populations qui vivent dans les favelas de Rio ou de São Paulo, par exemple. S’essuyer les mains avec du gel à l’alcool, utiliser des mouchoirs en papier, isoler les malades dans une des pièces de la maison... Comment mettre en quarantaine des maisons d’une seule pièce, avec plusieurs résidents qui y vivent, où souvent il n’y a même pas de salle de bain ?  », s’interroge le médecin Valcler Rangel, membre de la Fiocruz [3].

À défaut d’accès à l’eau, les habitants des favelas n’ont en plus pas les moyens de se procurer du gel hydroalcoolique – dont le prix connaît une inflation délirante avec la crise sanitaire. Dans ces conditions, l’arrivée du virus pourrait faire des ravages. D’autant que les favelas sont déjà en général des zones propices à la propagation de maladies. À Rocinha, l’une des plus grosses favelas de Rio – plus de 70 000 habitants –, la tuberculose y fait déjà des dégâts, avec 300 cas pour 100 000 habitants selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un indice 11 fois plus élevé que la moyenne nationale.

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Voir en ligne : Bastamag

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