Dictature militaire : un jugement doit relancer le débat sur l’amplitude de l’amnistie

, par Bia Barbosa

Une action contre le colonel Ustra, accusé d’avoir orchestré les actes de torture au sein du DOI-Codi (Détachement d’opérations d’information - Centre opérationnel de défense intérieure), à São Paulo, constitue la première action individuelle lancée à l’encontre d’un fonctionnaire pour des crimes commis pendant la dictature militaire. Les proches des victimes et les organisations de défense des droits de l’Homme espèrent que le résultat ouvrira la voie à d’autres formes de responsabilisation.


Par Bia Barbosa - Carta Maior - 10/11/2006

Traduction : Jean-Jacques Roubion pour Autres Brésils


Le 27 septembre, le juge Gustavo Santini Teodoro de l’Etat de São Paulo a accepté de juger Carlos Alberto Brilhante Ustra, colonel réformé de l’Armée qui a commandité les opérations au sein du DOI-Codi de septembre 1970 à janvier 1974. Au cours de cette période, on dénombre 502 accusations d’actes de torture pratiqués par des hommes sous ses ordres et par lui-même. Pour la première fois, c’est un fonctionnaire et non pas l’Etat qui est jugé pour des actes réalisés pendant cette période. Ustra est donc le premier accusé à être jugé au Brésil pour actes de torture pendant la dictature militaire.

En désapprouvant les avocats de la défense du colonel qui affirmaient que les agents de sécurité bénéficiaient de la loi d’amnistie de 1979 et que de ce fait, ils ne pouvaient être attaqués en justice, le juge Gustavo Santini Teodoro estime que l’amnistie a été accordée aux crimes qui ont été commis, ce qui ne peut empêcher, cependant, des actions civiles dénonçant la violation des droits de l’Homme. Depuis la fin de l’année dernière, la famille Teles - Maria Amélia, César, Criméia, Janaina et Edson, tous torturés entre 1972 et 1973 - a lancé une action en justice contre Ustra dans les seules fins de demander à la Justice de le déclarer en tant que tortionnaire et de reconnaître qu’il a provoqué des dommages moraux et à l’intégrité physique de ces cinq personnes. Dans ce cas, il n’y aura pas de responsabilisation du colonel Ustra pour pratique de torture ni pour les quelques 40 assassinats liés à la violence des interrogatoires qui se sont déroulés au sein du DOI-Codi.

(...)


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