Des chercheurs créent une application pour la traduction de l’unique langue vivante descendant du Tupi

 | Par Brasil de Fato, Rodolfo Rodrigo

Quand les Portugais ont envahi le Brésil, aux environs de 1500, ils ont observé que le Tupi était la langue la plus parlée sur toute la côte. Les récits montrent qu’au lieu d’enseigner le portugais aux habitants locaux, au début ils ont résolu d’apprendre le Tupi et d’utiliser cette langue comme une langue véhiculaire.

Traduction : Pascale Vigier pour Autres Brésils
Relecture : Marie-Hélène Bernadet

À partir de là, ce Tupi utilisé dans les villages a commencé à être employé dans les communautés et les petites villes, devenant la principale langue de la colonie, pratiquée aussi par les portugais et leurs familles. Le Tupi s’est alors modifié et transformé en plusieurs langues véhiculaires. Les spécialistes pensent qu’il y avait trois langues véhiculaires, dont deux depuis se sont complètement éteintes.

D’après les conjonctures de la Région amazonienne elle-même, une de ces langues véhiculaires surgie à partir du Tupi existe jusqu’à ce jour. Il s’agit du Nheengatu, connu aussi comme Tupi moderne, langue véhiculaire de l’Amazonie ou “langue correcte” en traduction Tupi.

Le Nheengatu, qui a auparavant été parlé dans toute la Région amazonienne, jusqu’au milieu du 19ème siècle, se limite actuellement à la ville de São Gabriel da Cachoeira, dans l’État de l’Amazone et n’a qu’à peine 6 mille locuteurs.

Afin d’éviter l’extinction de la langue véhiculaire amazonienne, le Nheengatu, un groupe de recherche de l’Université fédérale du Ceará a élaboré une technologie qui, au moyen d’outils informatiques, sert de traducteur automatique de l’unique langue vivante descendant de l’ancien Tupi.

Le professeur de l’Université fédérale du Ceará Leonel Araripe est le responsable de cet outil. Selon lui, ses études ont pour objectif la compréhension du fonctionnement de langues naturelles et le développement d’outils de mécanismes de langage.

Il y a environ trois ans j’ai constaté qu’il n’existait aucun traducteur automatique pour les langues autochtones brésiliennes. Ce type d’outil est extrêmement important pour la survie d’une langue, parce qu’avec le traducteur automatique les gens peuvent écrire des textes dans la langue autochtone et la traduire dans une langue majoritaire, dans le cas du Brésil : le portugais. Le processus inverse peut aussi être fait : des textes en portugais peuvent, ainsi, être traduits en toute confiance vers la langue autochtone”, a déclaré Leonel.

Le traducteur qui en est encore à sa phase initiale, se nomme Grammyep, et non seulement il traduit des phrases du Nheengatu vers le portugais, mais aussi vers l’anglais et vice-versa. “C’est un outil de base limité à la prédication qualitative, c’est-à-dire qu’il traduit uniquement des phrases qui expriment des propriétés, des états, des qualités, des localisations, des personnes et des choses. Cependant il intègre déjà en partie la grande complexité grammaticale de la langue Nheengatu", explique Leonel.

L’outil est disponible sur Internet et peut déjà être utilisé dans des applications de communication. Même si c’est un outil encore en phase initiale, le traducteur est une technologie essentielle pour préserver l’héritage de la culture des peuples originaires après l’arrivée des portugais.

Voir en ligne : Pesquisadores criam aplicativo para tradução da única língua viva descendente do Tupi

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