Crise et renaissance de la gauche

 | Par François Sabado, RISAL

En s’identifiant durant plus de deux ans et demi au gouvernement Lula, qui poursuit la politique néolibérale engagée par son prédécesseur, Fernando Henrique Cardoso (FHC) [1], le Parti des travailleurs est entré dans une crise profonde [2]. Si elle a été accélérée par le scandale d’achat des votes parlementaires par ses dirigeants [3], ayant éclaté en juin dernier, les racines de cette crise plongent dans la rapide modification de l’identité du PT.

Construit lors de la vague de luttes qui finirent par mettre fin à une dictature militaire féroce à la fin des années 1970, le Parti des travailleurs a rassemblé en son sein les syndicalistes combatifs à la recherche d’un instrument politique, les militants des communautés chrétiennes de base influencés par la théologie de la libération et ceux de la gauche révolutionnaire. Pour la première fois dans l’histoire du Brésil, les travailleurs se sont ainsi dotés d’un parti politique de classe, indépendant de la bourgeoisie, capable de formuler sur la scène politique et électorale leurs aspirations et leurs revendications. C’est naturellement que ce parti s’est réclamé du socialisme démocratique, même si le projet socialiste qu’il a élaboré restait vague. De même, c’est naturellement qu’il a emprunté ses mécanismes internes aux meilleures traditions démocratiques des luttes ouvrières dont nombre de ses dirigeants étaient issus.

Si les succès électoraux du PT l’ont assez rapidement doté de nombreux élus - une position sociale très privilégiée au Brésil - la tradition démocratique et pluraliste du PT avait permis de freiner durant des années les processus de distanciation entre sa direction et ses membres, bref la bureaucratisation du parti. Ce n’est qu’au cours des années 1990, en particulier après le tournant néolibéral de la politique gouvernementale et les échecs successifs des luttes de résistance ouvrière, que la bureaucratisation du parti a fait des progrès alors que l’activisme des militants de base connaissait une régression. Dès son arrivée au pouvoir, en janvier 2003, le gouvernement Lula confirmait une orientation « continuiste » avec la politique de FHC. Il respectera tous les engagements de l’État brésilien vis-à-vis des marchés financiers et des institutions capitalistes internationales.

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Voir en ligne : Crise et renaissance de la gauche

[1[NDLR] Fernando Henrique Cardoso, président du Brésil de 1995 à 2003.
Lire Emir Sader, Huit années qui ont laminé le Brésil, RISAL, octobre 2002 ; Gilberto Ferreira da Costa, François Polet, Bilan de Cardoso et défis de Lula, RISAL, 29 octobre 2002.

[2Cf. l’article de José Corrêa Leite dans Inprecor n° 507/508 de juillet-août 2005.

[3[NDLR] Consultez le dossier Corruption et crise politique au Brésil, sur RISAL.

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