Covid-19 au Brésil : un premier recensement parmi les quilombos

 | Par CONAQ

Les données sur la contagion du Covid-19 au Brésil sont alarmantes, au niveau mondial. Ce sont environ 2741 décès déjà enregistrés, chiffres officiels fortement critiqués. L’invisibilité de la propagation de la maladie dans les territoires de quilombos qui n’ont pas reçu l’attention nécessaire de la part des autorités publiques et des médias hégémoniques, peut résulter en un drame.

Il y a une sous-estimation des données sur la transmission de la maladie dans les territoires de quilombos du fait d’une sous-déclaration des cas : de nombreuses équipes municipales de santé ne signalent pas les cas de transmission de la maladie et de décès chez les quilombos.

Selon le suivi des données fait de façon autonome par la Coordination Nationale pour l’Articulation des Communautés Rurales de Quilombos Noirs (Conaq) dans les territoires, entre les 16 et 17 avril, il y a eu des premiers diagnostics dans cinq états : 29 cas sont en attente de diagnostic, 7 cas sont confirmés, et il y a eu 2 décès, ces derniers dans les états d’Amapá et de Pernambuco.

Le 22 avril, la situation s’est aggravée : il y a eu 6 décès. Les données révèlent un taux de létalité élevé de covid—19 chez les quilombos et une importante sous-déclaration des cas. C’est le fait des difficultés d’accès aux examens voire du refus d’examiner les personnes présentant des symptômes. C’est ce que signalent des personnes dans les communautés. Les cas de décès recensés par le Conaq à ce jour sont les suivants :

  • Moacyr Silva, 57 ans, au Quilombo Abacate da Pedreira, dans la capitale de l’Amapá, Macapá, le 11 avril 2020 ;
  • Simone Paixão Moraes, 29 ans, au Quilombo Espírito Santo à Cacoal, État du Pará, informée le 19 avril 2020 ;
  • João Martins, 74 ans, au Quilombo Professeur Jamil, de la communauté de Boa Nova, à Goiás, le 19 avril 2020 ;
  • 1 décès dans le Pernambouc, dont nous respectons la demande de la famille de préserver l’anonymat, déclaré le 13 avril 2020.
  • Jacivaldo Franco do Nascimento, 68 ans, dans le quilombo d’Itacoã Mirim, dans la municipalité d’Acará, Pará, le 20 avril 2020.
  • Gracinete Espíndola, 59 ans, quilombo Ressaca da Pedreira, dans la capitale de l’Amapá, déclaré le 21 avril.

Dans l’état du Pará, il y a eu deux décès en moins de 24

L’inégalité face à la lutte contre le covid-19 au Brésil, ce qui est déjà évidente dans les périphéries urbaines, aura un impact dévastateur sur les communautés noires rurales si la maladie maintient ce rythme de propagation et de létalité. Depuis le premier cas parmi les quilombolas, ce sont un décès environ tous les deux jours. La CONAQ a attiré l’attention sur des facteurs structurels alarmants concernant les conséquences de la propagation de la pandémie dans les territoires de quilombos.

En raison de l’échec structurel des gouvernements successifs et du racisme institutionnel, les communautés ne disposent pas d’un système de santé structuré. Au contraire, selon la plupart des communautés, l’assistance et les soins de santé sont fragils. Il faut entreprendre un « pèlerinage » vers des centres de santé mieux structurés. Les conditions d’accès à l’eau dans de nombreux territoires sont préoccupantes, car elles entravent également les conditions d’hygiène nécessaires pour prévenir la propagation du virus. Cette situation tend à être aggravée de manière exponentielle par les conséquences sociales et économiques de la crise de Covid-19 sur la vie des familles de quilombos.

Une autre difficulté signalée dans différentes communautés concerne l’accès au revenu d’urgence de base, notamment en ce qui concerne l’accessibilité des procédures d’enregistrement : il faut faire une demande formelle à travers des structures gouvernementale déjà peu présentes quand il faut répondre aux demandes urgentes des quilombos. On remarque la paralysie des dirigeants qui regardent le chaos s’annoncer dans les quilombos et finissent par renforcer les discours creux du gouvernement fédéral qui n’a jusqu’à présent pas réussi à apporter un soutien d’urgence et des mesures de protection plus efficaces aux quilombos dans tout le Brésil.

Compte tenu des décès déjà enregistrés et de la gravité du scénario, la CONAQ exige que le gouvernement brésilien et la société brésilienne prennent position et prennent des mesures pour défendre la vie des familles de quilombos. Nous ne tomberons pas dans l’invisibilité et n’accepterons pas l’oubli.
 
La vie de Quilombola compte !

Coordination nationale de l’articulation des communautés noires Quilombola - CONAQ

Voir en ligne : Sem ações do poder público, comunidades quilombolas tem 6 mortes pela Covid-19 em 11 dias

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