Covid-19 : Bolsonaro commet un « populicide » au Brésil

En appelant à la levée du confinement parce qu’il considère que le coronavirus est une « simple grippette », le président brésilien provoque intentionnellement le chaos et sème la mort.

Photo : manifestation pro-Bolsonaro à São Paulo du 09/09/2018 © Pablo Albarenga / Mídia NINJA

Par Frédéric Vandenberghe , professeur de sociologie à l’Institut de philosophie et de sciences sociales à l’Université fédérale de Rio de Janeiro (IFCS-UFRJ)

Tribune. Depuis la victoire de Jair Messias Bolsonaro à l’élection présidentielle en octobre, tout a changé. C’est une chose d’assister à la montée en force d’un mouvement populiste ; c’est tout autre chose de vivre sous un régime populiste qui a pris le pouvoir. Il ne s’agit pas tant d’un populisme d’extrême droite, comme on en trouve ailleurs, que d’une extrême droite populiste. Les renvois aux fascismes européens des années 30 et à la dictature militaire des années de plomb (1964-1985) avec apologie de la torture sont constants.

En peu de temps, le Brésil est devenu un état voyou – plus proche de la Russie ou de l’Inde que de la Hongrie ou de la Pologne – avec les États-Unis au milieu du continuum populiste. Tandis que les autres pays ont eu besoin d’une décennie ou plus pour arriver où ils sont, au Brésil, avec son régime présidentiel à l’américaine, on a avancé à pas de charge. Rapidement, on est passé de la menace populiste à l’autoritarisme. Officiellement, nous sommes toujours une démocratie. Le démontage insidieux de l’État de droit et les attaques incessantes contre les intermédiations institutionnelles (la cour suprême, le congrès, les médias) nous rapprochent, cependant, d’une « démocrature ».

Bain de foule sans masque

Nostalgique de la dictature, Bolsonaro pratique le négationnisme historique. En attisant le feu en Amazonie, il pratique aussi le négationnisme climatique. En traitant le Covid-19 comme une « grippette » ou un « petit rhume », il pratique aussi le négationnisme scientifique. En pleine pandémie du coronavirus, il convoque ses adeptes les plus radicaux pour une manifestation ouvertement putschiste contre le congrès et la cour suprême. Comme si un crime n’était pas suffisant, il prend un bain de foule sans masque et sans gestes barrières, alors qu’il savait que plusieurs personnes de son environnement immédiat qui l’avaient accompagné pendant sa visite officielle aux États-Unis étaient déjà infectées. Il minimise les risques de la pandémie, vitupère contre les grands médias et les accuse de fomenter une « véritable hystérie ».

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Voir en ligne : Libération

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