Communiqué sur la crise de l’eau à Rio de Janeiro Mouvement des personnes atteintes par les barrages

Le Mouvement des personnes atteintes par les barrages vient publiquement exprimer son opinion sur la crise d’approvisionnement d’eau dont souffre la population de Rio de Janeiro. Pour nous, cette situation est le résultat d’années de démantèlement des services, de précarisation et de réduction des politiques publiques en matière d’approvisionnement en eau et d’assainissement.

Nous savons que ce qui se cache derrière ce démantèlement est la volonté de l’actuel gouvernement de l’État de procéder à la privatisation de la Cedae [1], ce qui entraînera certainement une augmentation des tarifs et limitera l’accès de la population pauvre aux services sanitaires de base, exactement comme cela s’est produit avec la privatisation du secteur de l’électricité.

Helio Cabral, s’adresse à la presse après avoir visité la station d’épuration de Guandu à Nova Iguaçu, Baixada Fluminense - crédits : Tomaz Silva/Agência Brasil

Il convient de rappeler que l’actuel président de la la Compagnie des eaux de l’État de Rio de Janeiro (Cedae), Hélio Cabral, était membre du conseil d’administration de la compagnie minière Samarco, responsable du plus grand crime environnemental de notre pays avec la rupture du barrage du Fundão, à Mariana, dans le Minas Gerais [2]. Pour nous, personnes atteintes par les barrages, la conduite de l’actuel président de la Cedae est conforme à son passé. Cabral a été dénoncé par le ministère public fédéral et inculpé. Il était soupçonné d’être conscient du risque de rupture de la digue de retenue des résidus et de ne pas avoir pris de mesures pour éviter la tragédie qui a tué 19 personnes et contaminé tout le Rio Doce.

À Rio de Janeiro, la situation de l’eau est assez fragile et l’omission progressive de l’État dans la proposition de moyens efficaces pour sortir de cette situation chronique a créé un environnement encore plus précaire et imprévisible pour le présent et le futur proche. [3]

C’est pourquoi nous défendons l’importance du maintien de la Cedae publique, avec des investissements dans la récupération des sources d’eau, de l’assainissement et des systèmes de distribution.

Pour cela, il est essentiel de rétablir les investissements, la recomposition du personnel et l’intégration de toute la communauté afin que nous puissions traiter cette question de manière sérieuse et définitive.

De l’eau pour la vie. Pas pour la mort !
L’eau et l’énergie ne sont pas des marchandises !

Voir en ligne : Movimento dos Atingidos por Barragens

[1À retrouver la traduction du texte de Clovis Nascimento (Esquerda On-line) dans l’Encontre 11 février 2020. Le ministre de l’Economie du Brésil, M. Paulo Guedes, a confirmé sa position de janvier 2019 en réaffirmant à l’occasion du Forum économique mondial de Davos que « le Brésil [était] à vendre ». Il a présenté une liste des entreprises d’Etat qui seraient vendues, liste sur laquelle figure la CEDAE. La liste complète de ces entreprises peut être consultée dans l’édition du 22 janvier 2020 du quotidien O Estado de São Paulo.

[2Nous rappelons ici les mots de Geovani Krenak

Mariana est un “crime”, parce que c’était prémédité. Le crime de Mariana s’est produit il y a trois ans, et ce n’est pas que le "désastre environnemental" décrit : la rupture du barrage où se concentraient 40 millions de mètres cubes de déchets minéraux et de substances toxiques. La vague a parcouru 850 kilomètres jusqu’à la mer et continue de contaminer le fleuve et la mer. Personne n’a été condamné à ce jour.

[3Clarification apportée dans la traduction de A l’Encontre, ibid.
"Dans le but de clarifier la situation réelle sur la question de la qualité de l’eau, nous aimerions insister sur le fait que ce problème est récurrent dans la région métropolitaine de Rio de Janeiro, dans la mesure où l’eau du fleuve Guandu [qui assure la distribution de l’eau à quelque 80% de la population de la municipalité de Rio de Janeiro], qui est de manière permanente contrôlée par les techniciens de la CEDAE, est soumise plusieurs fois par année à ce phénomène, avec une plus forte incidence en été [c’est-à-dire durant ces mois de décembre-janvier-février]".

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