Comment la chasse au vote des femmes par des conservateurs alimente la violence à leur égard

Fragilité, influence des hormones, limites intellectuelles… Un mouvement tente de minimiser le rôle de la femme dans la vie publique par l’usage de la violence, à commencer par l’agressivité verbale.


Source : Agência Pública, « Como a caça conservadora ao voto feminino alimenta a violência contra a mulher », par Jéssica Ribeiro, 28 août 2026
Traduction : Roger Guilloux
Relecture, édition : Patrick Piro

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Captures d’écran d’un entretien vidéo et du compte Instagram de l’influenceuse bolsonariste Pietra Bertolazzi

Majoritaires au sein de l’électorat brésilien, les femmes sont au cœur d’une offensive qui prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Des propos déguisés en opinions politiques remettent en cause la place des femmes dans la vie publique et se fondent dans des discours haineux comportant des dénigrements, des menaces ou des associations à des contextes de violence sexuelle – précisément au moment où leur participation aux urnes devient décisive.

Le droit de vote des femmes a été reconnu au Brésil par le Code électoral de 1932. Auparavant, les propositions visant à faire participer les femmes à la vie politique se heurtaient à une résistance et à des arguments selon lesquels elles n’auraient pas les mêmes capacités intellectuelles que les hommes. Près de cent ans plus tard, le débat a changé de langage et de forme d’exposition, mais il n’a pas disparu et trouve un écho dans diverses régions du monde.
Au cours de la première semaine de juillet de cette année, une vidéo de l’influenceuse bolsonariste, Pietra Bertolazzi, a fait le tour du pays, la montrant en train de se joindre à une campagne contre le vote des femmes. « Je suis contre », a-t-elle déclaré, faisant également référence au féminisme. Ce mouvement fait écho aux manifestations menées par l’extrême droite dans d’autres pays, notamment aux États-Unis.

Le 21 juillet, l’influenceur bolsonariste Paulo Figueiredo a repris une déclaration faite par Jair Bolsonaro à l’encontre de la députée de gauche Maria do Rosário (Parti des travailleurs - Rio Grande do Sul) en 2014, dans laquelle il avait affirmé qu’il ne la violerait pas car elle « ne le méritait pas », en allusion à l’apparence physique de la parlementaire. Paulo Figueiredo a qualifié de « coup de génie » cette déclaration de Bolsonaro et s’en est servi pour attaquer à nouveau la députée, ainsi que Jandira Feghali, députée communiste du PC do B - Rio de Janeiro.

L’affaire a été portée devant la justice. En août, Vânia Heck, juge d’appel du Tribunal régional électoral du Rio Grande do Sul, a qualifié cette déclaration de misogyne et a ordonné à Google de supprimer certains extraits de la diffusion pour propagande électorale anticipée négative à l’encontre de Maria do Rosário. Dans sa décision, la magistrate a précisé que les références à Jandira Feghali ne relevaient pas de la compétence de la Cour du Rio Grande do Sul.
Le lien mentionné dans la plainte a été retiré. Cependant, des extraits reprenant les propos de Paulo Figueiredo restent disponibles sur la chaîne de l’influenceur lui-même. Interrogé à ce sujet,
Google a répondu que l’entreprise s’était pleinement conformée à la décision judiciaire. « YouTube est une plateforme ouverte, attachée à la liberté d’expression et à l’intégrité du débat public, qui agit dans le respect de la législation. Nous agissons sans délai dès que nous sommes informés de violations de la législation locale, en évaluant et en traitant les ordonnances judiciaires et les notifications qui répondent aux exigences légales ».

L’affaire impliquant Figueiredo a également mis en lumière une autre facette du discours hostile à la participation des femmes en politique. Dans une deuxième vidéo examinée par la justice, l’influenceur a affirmé que les femmes « votent statistiquement très mal », en particulier « les célibataires ». Dans cette affaire, la magistrate a reconnu la présence d’un « langage grossier, sexiste et socialement répréhensible », mais n’a pas ordonné le retrait immédiat de l’enregistrement [1].

Capture d’écran d’une vidéo YouTube Print de l’influenceur d’extrême droite Paulo Figueiredo

Pour Carla Antloga, professeure membre du Groupe d’études et de recherches en psychodynamique du travail féminin (Psitrafem) de l’Université de Brasília (UnB), le discours hostile au vote féminin ainsi que d’autres « manifestations misogynes » ne constituent pas des cas isolés, mais représentent la « réactivation d’arguments historiques qui prônaient l’exclusion des femmes de la vie politique ».
Dans ce contexte, des propos tels que ceux de Paulo Figueiredo constituent une tentative pour réduire au silence les femmes qui occupent les espaces publics et politiques, analyse-t-elle. « La chercheuse Rita Segato qualifie cela de “pédagogie de la cruauté”. [Il s’agit] du recours à la violence sexuelle exprimée sous forme de plaisanterie, qui finit par remplir une fonction d’enseignement pour toutes les femmes : si elles occupent la scène politique, si elles prennent la parole ou s’expriment en public, elles peuvent être exposées [à cette agression]. C’est ainsi qu’elle justifie [le terme] “pédagogique”, puisqu’il s’agit d’enseigner au moyen de la cruauté ».

La professeure souligne que la violence à l’égard des femmes, utilisée comme discours politique, n’est pas un phénomène exclusivement brésilien. Selon elle, il est lié à une « articulation internationale entre le fondamentalisme religieux, l’extrême droite et le populisme autoritaire ».
Pour Carla Antloga, ces discours n’ont pas été créés par les réseaux sociaux, mais y ont trouvé un terrain propice à leur diffusion et à leur radicalisation « grâce à des algorithmes qui donnent l’impression que ces idées sont partagées par une foule. Il est important de comprendre une chose : la violence comme forme de langage n’est pas une exception, c’est la règle ».

La violence à l’égard des femmes utilisée comme langage politique est un phénomène lié à une « articulation internationale entre le fondamentalisme religieux, l’extrême droite et le populisme autoritaire ». ©Fernando Frazão/Agência Brasil

Violence silencieuse et « importée »

Des chercheurs de la Fondation Getúlio Vargas (FGV) ont analysé 7 millions de contenus échangés au sein de 85 groupes sur Telegram depuis 2015. Ces communautés font partie de ce que l’équipe appelle la « machosphère », des espaces de formation politique virtuels, composés majoritairement d’hommes, au sein desquels sont partagés des discours misogynes et axés sur l’ordre social.
Dans de ces 18 groupes, les manifestations contre le droit de vote des femmes qui ont eu lieu entre 2020 et 2026 ont donné lieu à une étude distincte menée par Julie Ricard, Mario Aquino Alves et Ergon Cugler. Dans cet univers, 87 % des contenus échangés dans ces groupes réitéraient un jugement négatif sur ce droit par le biais de déclarations indiquant qu’il s’agissait de « l’une des plus grandes erreurs de la société occidentale ».
La délégitimation du vote des femmes, selon cette étude, « s’inspire directement du répertoire états-unien ». L’étude mentionne le partage d’« idées importées » et des pics de publications au sein des communautés, comme cela s’est produit après celle qu’a mis en ligne le Secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, en 2025. Ce contenu prônait l’abrogation du 19e amendement – qui interdit à tout État de refuser ou de restreindre le droit de vote en raison du genre.

Pour Ana Prestes, titulaire d’un doctorat en sciences politiques et doctorante en histoire à l’Université de Brasília (UnB), ce discours ne porte pas tant sur la capacité des femmes à voter, que sur l’autonomie féminine. « Historiquement, c’était justement l’un des arguments avancés contre le suffrage féminin et le droit des femmes à voter et à être élues. Pendant longtemps, on a affirmé que la famille ne devait avoir qu’un seul représentant politique et que ce rôle revenait au père, au mari ou au frère aîné, c’est-à-dire à un homme occupant une place prépondérante au sein du le noyau familial. La femme serait représentée politiquement par celui-ci », explique-t-elle. C’est cet argument qui est ressassé dans les débats visant à instaurer le « vote familial ».
Pour Ana Prestes, titulaire d’un doctorat en sciences politiques et doctorante en histoire à l’Université de Brasília, ce discours ne porte pas tant sur la capacité des femmes à voter, que sur l’autonomie féminine.

Selon Ana Prestes, il s’agirait là aussi d’une tentative visant à restreindre la citoyenneté même des femmes. « Plus les femmes acquièrent des droits en matière d’autonomie économique, sexuelle, familiale et politique, plus apparaissent des mouvements qui prétendent rétablir des hiérarchies qui semblaient avoir été dépassées. Il n’est donc pas contradictoire que des discours contre les droits des femmes apparaissent précisément après des décennies de progrès. Dans une certaine mesure, ils apparaissent justement à cause de ces progrès ».

Violence de genre en ligne et hors ligne

Pour la docteure, les réseaux sociaux contribuent à maintenir cette atmosphère de violence de genre en créant une « sorte d’économie politique de l’indignation ». « Plus une déclaration est offensive, choquante ou polarisante, plus elle a de chances d’être diffusée, commentée, partagée et susciter de l’engagement. La misogynie peut même devenir un levier d’engagement dans l’environnement numérique. Certains influenceurs se constituent une audience en transgressant délibérément les limites de ce qui était auparavant considéré comme acceptable dans le débat public ».

Ce comportement criminel suit un schéma, poursuit-elle : tout d’abord, une déclaration apparemment absurde est publiée sur les réseaux sociaux, puis elle devient un mème, fait l’objet de discussions et de polémiques : « À force d’être répétées, certaines idées commencent à s’inscrire dans le répertoire du débat public.

La misogynie numérique est également un instrument de mobilisation politique sur les réseaux sociaux, et l’absence de législation et de réglementation contribue à donner à ces comportements un caractère de normalité.

Ana Prestes, docteure en sciences politiques

Au Brésil, selon la loi n° 14.192/21, tout acte ou omission visant à empêcher, entraver, dévaloriser ou annuler l’exercice des droits politiques des femmes, doit être considéré comme une violence politique liée au genre. Ce type de violence peut toucher aussi bien les candidates que les femmes occupant déjà des fonctions électives.
Conformément à la législation, ce type de violence peut se manifester par des menaces, du harcèlement physique ou psychologique, de l’intimidation, de la discrimination, de l’humiliation et de la persécution. Dans ces cas, la loi prévoit une peine d’un à quatre ans d’emprisonnement, ainsi qu’une amende. Cette peine peut être alourdie d’un tiers lorsque la victime est enceinte, âgée de plus de 60 ans ou en situation de handicap.

Les crimes commis par voie numérique sont également passibles de peines, plus lourdes. Malgré l’existence de cette loi, les agressions contre les femmes qui tentent de se faire une place dans la vie publique restent fréquentes, notamment sur Internet.
En juillet 2025, par exemple, le Tribunal électoral régional du Pará (TRE) a confirmé la condamnation d’un homme identifié comme Elton Carlos do Nascimento pour violence politique à caractère sexiste à l’encontre d’une conseillère municipale de Primavera. Lors d’une diffusion en direct sur Facebook, il a proféré des propos misogynes à l’encontre de la conseillère dans le but de l’humilier et de l’empêcher d’exercer son mandat.
La réalité du délit a été prouvée par des vidéos et l’identité de l’auteur a été confirmée par les témoignages de témoins. Le prévenu a été condamné à deux ans de prison et au paiement d’une amende – peine remplacée par des travaux d’intérêt général.
Agência Pública a tenté de joindre Elton Carlos do Nascimento, mais sans succès à ce jour.

Et même dans le milieu politique et entre collègues élus, les cas de violence politique à caractère sexiste sont loin d’être rares. Début août, le Tribunal supérieur électoral (TSE) a condamné l’ancien conseiller municipal de Nova Friburgo (État de Rio de Janeiro ) - José Sebastião Rabello (Solidariedade), connu sous le nom de Zezinho do Caminhão - pour avoir humilié une collègue lors d’une discussion au sein de la commission de Santé.

L’ex-conseiller municipal de Nova Friburgo (État de Rio de Janeiro) José Sebastião Rabello a été condamnée pour avoir humilié une collègue lors d’une discussion au sein de la commission municipale de Santé. (captures d’écran : municipalité de Nova Friburgo et Tribunal supérieur électoral)

Après que la conseillère municipale a présenté un amendement exigeant des critères techniques pour les nominations au sein d’une clinique psychiatrique, Rabello l’a traitée de traînée, de menteuse et d’incompétente, et a déclaré qu’il l’isolerait politiquement. Agression dont plusieurs personnes ont été témoins.
Le Tribunal électoral régional (TRE) de Rio de Janeiro a cependant déclaré que les preuves étaient insuffisantes pour établir l’existence d’une violence politique à caractère sexiste. Cependant, le Tribunal Supérieur Electoral a reconnu qu’il s’agissait d’une agression grave et a déclaré l’élu inéligible pour une durée de huit ans. Ses droits politiques ont également été suspendus.
Un message été envoyé sur le site officiel de Zezinho do Caminhão, mais celui-ci n’a pas répondu aux questions de la rédaction à ce jour.

La voix des femmes au Parlement brésilien

En 2022, 107 femmes - 91 députées fédérales et 16 sénatrices - ont été élues, ce qui représente 18 % du total des membres du Congrès.
Malgré la présence accrue des femmes en politique, par rapport aux législatures précédentes, l’action de ces femmes n’est pas nécessairement convergeant quand il s’agit de politiques de lutte contre les violences faites aux femmes.
L’un des épisodes qui a illustré cette divergence a été le vote du projet de loi n° 3 880/24, désormais promulgué, qui reconnaît maintenant la « violence par procuration » — lorsque l’agresseur exerce sa violence sur ses enfants, les membre de la famille ou sur des proches afin de faire souffrir sa femme.

Lors de l’examen, en séance plénière, certaines députées se sont opposées au projet. Parmi elles, Julia Zanatta (Parti libéral – Santa Catarina). Dans une déclaration expliquant son vote contre l’inclusion de cette forme de violence dans la loi Maria da Penha [2], la parlementaire a fait valoir que la législation devrait considérer les hommes et les femmes comme des victimes et des agresseurs potentiels.

Pour Carolina Bianchini Bonini, doctorante en sciences politiques à l’Université de São Paulo (USP), la présence d’un plus grand nombre de femmes au Parlement revêt une importance démocratique « surtout parce que la politique brésilienne s’est historiquement construite comme un espace masculin … Mais la présence des femmes, en soi, ne signifie pas pour autant que les politiques féministes ou les droits des femmes seront défendus ».
Selon elle, il existe également un débat sur la signification de l’expression « défendre les femmes ». « Une parlementaire conservatrice peut ne pas se percevoir comme une adversaire des droits des femmes. Elle peut affirmer qu’elle protège les femmes, les enfants ou les familles, mais en partant d’une conception complètement différente du genre, de la sexualité, de l’autonomie et des rôles que doit jouer l’État ».
Pour cette spécialiste, il s’agit d’abord de comprendre quels projets de société ces parlementaires représentent. « Accroître numériquement la présence féminine est fondamental, mais la représentation politique ne peut se résumer à un simple décompte des personnes. Nous devons nous demander qui sont les femmes accèdent au pouvoir, quels intérêts représentent-elles, quelles inégalités reconnaissent-elles et quelles politiques contribuent-elles à élaborer ».

Julia Zanatta (PL-SC), députée fédérale d’extrême droite de l’état de Santa Catarina. © Kaya Magalhães/Câmara dos deputados

Projet de loi contre la misogynie : certaines voix féminines s’y opposent

Le projet de loi (PL) 896/23 est actuellement examiné au Congrès national. Son objectif est précisément de garantir des sanctions plus sévères pour les manifestations misogynes. Rédigée par la sénatrice Ana Paula Lobato (Parti socialiste brésilien – État du Maranhão), cette proposition vise à inclure la misogynie – c’est-à-dire la haine, le mépris ou l’aversion envers les femmes – parmi les crimes prévus par la loi sur le racisme.
En mars dernier, le Sénat a approuvé l’amendement au projet de loi par 67 voix contre zéro. Il a ensuite transmis le dossier à la Chambre des députés où il s’est heurté à une certaine résistance.
Un groupe de travail composé de parlementaires de différents partis a été créé et a débattu de la proposition au cours des mois de mai et juin. Le 1er juillet, la Chambre des députés a approuvé, par 293 voix contre 158 et trois abstentions, la procédure d’urgence pour ce projet de loi.
Les partis Liberal, Novo et Missão ont demandé à leurs parlementaires de voter contre le texte. L’une des voix les plus virulentes contre la proposition a été celle de Júlia Zanatta. Dans un discours officiel, la députée a affirmé que le texte contenait des concepts subjectifs qui pourraient transformer des opinions et des convictions religieuses en infractions pénales et, en plus, entraîner une censure. Le texte approuvé par le Sénat se contente toutefois de définir la misogynie comme un comportement qui manifeste de la haine ou de l’aversion envers les femmes.
Contactée, Júlia Zanatta n’a pas répondu à nos questions à ce jour.

Dans une interview accordée à Agência Pública, Carla Antloga estime que lier le projet de loi sur la misogynie à la criminalisation de l’opinion constitue une « distorsion totale d’une logique civilisatrice… Tout d’abord, la misogynie n’est pas une opinion. Il faut comprendre que le patriarcat est une structure qui peut être soutenue par toute personne qui en tire profit, y compris par des femmes… Nous disposons de nombreuses études et preuves montrant qu’un grand nombre de femmes faisant carrière en politique et qui appartiennent à des groupes parlementaires religieux et conservateurs, consolident souvent leur viabilité électorale précisément en renforçant des positions anti-féminines et antiféministes. Cela fait d’elles des porte-parole très efficaces de ce type de discours masculin, car porté, par une femme, il acquiert une autre légitimité ».


LE CHOIX D’AUTRES BRÉSILS
Le vote des femmes est devenu un sujet d’observation assidu au Brésil à partir de la victoire de Jair Bolsonaro à la présidentielle de 2018. Lors de cette campagne s’est levé le mouvement #EleNão (Pas lui) dont les ramifications au sein de la société en ont fait l’une des mobilisations féminines les plus importantes de l’histoire du pays. En 2022, le vote des femmes a contribué de manière décisive à la défaite de Bolsonaro : au second tour de l’élection présidentielle, 55 % des électrices avaient choisi Lula. Et selon une enquête de Datafolha, ces dernières se détermineraient à 32 % spontanément en faveur de Lula au premier tour de la présidentielle du 4 octobre prochain, contre 14 % pour Flávio Bolsonaro. Alors que les femmes représentent 53 % de l’électorat brésilien, elles sont aujourd’hui une cible privilégiée de la campagne d’extrême-droite. Il s’agit non seulement d’utiliser à leur endroit des arguments rétrogrades visant à les écarter de la vie politique, comme l’expose l’autrice de l’article, mais aussi de mobiliser les femmes du camp conservateur afin qu’elles votent « correctement » : ainsi, 27 % des évangélistes, tous genres confondus, se prononcent pour Lula. C’est en particulier ce « réservoir » que travaille Michelle Bolsonaro, belle-mère de Flávio, qui a longtemps présidé le PL Mulher, branche « femme » du Parti libéral (PL), creuset politique de la famille Bolsonaro. Elle vient récemment d’appeler les sections régionales du PL Mulher à lever une « armée rose » [sic] pour soutenir son beau-fils.

[1] Les trois États du sud - Parana, Santa Catarina et Rio Grande do Sul - sont très marqués à droite et même à l’extrême droite.

[2] Loi Maria da Penha : dispositif légal contre l’agression des femmes au Brésil. Pour plus d’information voir l’article Un dispositif légal contre l’agression des femmes au Brésil

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