Brésil : pénurie de seringues et guerre politique, la campagne de vaccination à la traîne

 | Par Julien Lecot, Libération

Contrairement à plusieurs de ses voisins, le plus grand pays d’Amérique du Sud n’a toujours pas commencé à piquer sa population. Son président, sceptique tant face au virus que face au vaccin, n’y est pas pour rien

Chaotique, désorganisée, ridicule… Difficile de choisir un adjectif pour décrire la stratégie de vaccination au Brésil tant la situation est ubuesque. On en rigolerait presque si près de 1 000 personnes ne mourraient pas quotidiennement des suites du Covid-19 dans le pays, frappé de plein fouet par une seconde vague, si tant est que la première ait été un jour maîtrisée. Mais voilà : alors qu’une quarantaine de pays ont déjà commencé à piquer leur population, pour certains parfois depuis plusieurs semaines, pas le moindre vaccin n’est encore autorisé par l’agence de santé brésilienne, et aucune date n’est officiellement annoncée quant aux premières piqûres. Un paradoxe pour une nation enviée par le passé pour son modèle de vaccination.

Ce retard flagrant n’a pourtant rien d’anecdotique. A la tête du pays depuis maintenant deux ans, le populiste Jair Bolsonaro a multiplié les sorties minimisant les effets du Covid-19, parlant de « petite grippe » alimentée par une presse qui grossit les chiffres. Quant au vaccin, il a tout fait pour le discréditer, martelant que les effets secondaires n’étaient pas encore connus, et que, qui sait, peut-être qu’ils pourraient « donner de la barbe aux femmes » ou nous « transformer en alligator ». Désemparée face à un président qui lui fait honte, une partie de la jeunesse a pris, non sans un brin d’humour, les déclarations de Bolsonaro au pied de la lettre, lançant un traqueur de crocodiles en ligne afin de recenser les personnes s’étant transformées en reptiles après avoir reçu le vaccin.

Un vaccin très politique
Outre la volonté de renforcer son personnage absurde, souhaitant se montrer comme un homme du peuple – qui plaît toujours à près d’un tiers des Brésiliens –, Jair Bolsonaro cherche surtout à se différencier de João Doria. Le gouverneur de l’Etat de São Paulo, que tout semble prédestiner à être son principal adversaire lors de la prochaine élection présidentielle de 2022, a fait de la lutte contre le virus un point central de sa politique. Il a aussi vanté les mérites du Sinovac, le vaccin chinois dont les phases de tests ont notamment été réalisées au Brésil, et milite pour qu’il soit rendu disponible dans son Etat le plus rapidement possible. Ce qui suffit à ce que le sérum chinois soit vivement attaqué par le président brésilien.

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