Charm el-Cheikh (Égypte, 2022), Dubai (Émirats arabes unis, 2023) et Bakou (Azerbaïdjan, 2024) : les trois dernières années, la Cop climat avait été organisée dans des pays aux régimes autoritaires, réduisant la participation citoyenne à la portion congrue. Alors à Belém, où s’est tenue la Cop30 « officielle » du 10 au 21 novembre 2025, le premier défi des organisations de la société civiles était dans toutes les têtes : participer en masse, le verbe haut, avec des revendications fortes et des positions radicales.
Pari gagné. Au point que Mídia Ninja, le plus vaste réseau de journalistes indépendants du pays, n’est pas parvenu à établir la cartographie des dizaines d’événements organisés dans la la ville brésilienne en contrepoint à la Cop30. Paysannes et paysans, pêcheuses et pêcheurs, riveraines et riverains des rivières amazoniennes, peuples autochtones des forêts et d’ailleurs, communautés affectées par les barrages…, les mouvements sociaux brésiliens sont venus en masse. Le monde latino a également largement participé. En particulier, une caravane centre-américaine a rallié Belém à partir du Mexique.
Point d’orgue des mobilisations de cette Cop citoyenne : le Sommet des peuples, tenu à l’Université fédéral du Pará (État dont Belém est la capitale). Quelque 70 000 personnes ont participé à cinq journées de rencontres, de débats et d’événements culturels.
Les organisateurs avaient prévu une ouverture spectaculaire, le 12 novembre : une procession fluviale, qui a rassemblé près de 250 bateaux et 5 000 personnes sur le fleuve Guamá, qui borde Belém.
La manifestation s’est conclue par la présentation d’une émouvante Déclaration de la Cop des enfants, devant trois ministres du gouvernement Lula, ainsi que le propre président de la Cop30, qui ont assisté ensuite, avec des milliers de participant·es à la cérémonie, à la lecture des revendications très engagées de la Déclaration du Sommet des peuples (voir ci-dessous). Remerciements d’André Correa de Lagos, président de la Cop30 : « Votre mobilisation est un appui précieux pour peser sur le résultat de la conférence officielle… » Visiblement insuffisant, au regard des maigres avancées climatiques arrachées aux quelque 195 délégations internationales, le 21 novembre dernier.



