Autodéfense sanitaire dans les favelas de São Paulo

 | Par Erick Corrêa, lundimatin

Nous vivons une période où, au-delà des divers délires dits « complotistes », il est nécessaire de garder raison et de ne pas sombrer dans la paralysie de l’esprit critique. Paralysie dont, justement, le « complotisme » est un facteur viral déterminant. Ce que ce texte d’Erick Corrêa démontre c’est la capacité de collectivités locales, mobilisées et en révolte, à affronter une situation sanitaire dont les causes sont avant tout sociales et politiques ; ancrées dans le fonctionnement du système capitaliste et des mesures destructrices des politiques néolibérales. Contre les états d’urgences sanitaires, variantes masquées (et pour cause…) de l’Etat d’exception des seigneurs du monde, des exemples comme celui des habitants de Paraisopolis (un nom qui dit tout !) montrent une autre voie, les possibles d’un autre monde.

Traduction : Rosa Basiluzzo

« Il n’existe pas de nouvelle normalité, à peine une façon de maquiller le génocide des habitants des favelas » [1]

Au Brésil, il existe un discours public qui associe la propagation des maladies épidémiques aux favelas et aux zones périphériques des villes du pays. Il s’appuie sur des bulletins épidémiologiques et des cartes produites par les organes officiel de l’État fédéral a partir d’une approche globale qui cache souvent des réalités propres aux métropoles. En temps de crise, de tels instruments alimentent la stigmatisation des territoires marginalisés en les appréhendant comme des foyers à risque pour la sécurité sanitaire comme pour la sécurité publique.

Toutefois, le 23 juin 2020, une étude menée par Pólis, une association de São Paulo militant pour le droit à la ville, a présenté un contrepoint important à ce discours. Intitulée La pandémie des inégalités , elle met en lumière le cas de la favela de Paraisópolis qui, le 18 mai, présentait un taux de mortalité par la Covid-19 de 21,7 personnes pour 100 000 habitant·es, soit un indice inférieur à la moyenne municipale qui s’élevait à 56,2.

Dès lors, les experts en santé publique ont reconnu dans les pratiques d’autodéfense sanitaire mises en œuvre par les habitant·es et les organisations communautaires de cette favela, un exemple avancé en matière de lutte contre le virus. Rapidement, la presse nationale et internationale – à l’instar de The Washington Post – a fait état des résultats positifs obtenus par cette communauté dans le combat contre le coronavirus.

« Le virus est démocratique, mais nous vivons dans un pays qui ne l’est pas »

Lorsqu’on parle d’un pays de dimension continentale comme le Brésil, il est nécessaire de considérer sa réalité complexe, hétérogène, qui se traduit par une multiplicité de différences culturelles et des inégalités socio-économiques hors-norme.

De plus, c’est un pays situé à la périphérie du système capitaliste. Pour cette raison, il ne faut pas perdre de vue que Paraisópolis n’intègre qu’une partie du vaste réseau des bidonvilles et des banlieues pauvres existant dans le pays. Rien que dans la capitale de l’État de São Paulo, environ deux millions de personnes vivent dans ces territoires. Et géographiquement comme économiquement, ces favelas sont situées à la périphérie de la périphérie du système.

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