Au Brésil, toujours plus de violences contre la société civile et les communautés autochtones

 | Par Reporterre, Victor Chaix

La pression sur la société civile brésilienne et les communautés autochtones s’accroit. ONG et représentants de peuples autochtones appellent à la résistance et à l’alliance face à la politique de Bolsonaro, qui aggrave le sort des groupes les plus vulnérables.

L’alerte est lancée. Composé de 17 organisations, la Coalition Solidarité Brésil a présenté le jeudi janvier un baromètre sur les droits humains au Brésil depuis 2016, visant « à alerter la société française sur les violences et pressions subies par les mouvements et organisations sociales ».

Abordant diverses thématiques — racisme et violence policières, féminicides, homophobie, accès au logement et à la terre ou bien encore l’éducation, la liberté d’expression et les droits des communautés autochtones —, il est produit à partir du témoignage, des rapports et des analyses des organisations partenaires de la coalition, engagées sur le terrain.

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Davi Kopenawa et Almir Surui le 29 janvier 2020, à Paris.

« Vous, peuples extérieurs, contribuez à détruire les peuples indigènes »

Mercredi 29 janvier, deux témoins directs de ces violences étaient invités à la conférence « Le combat des peuples amérindiens : comprendre un enjeu planétaire » à Sciences Po Paris : Davi Kopenawa, chaman et porte-parole du peuple Yanomami, et Almir Narayamoga Surui, représentant du peuple Paiter Surui.

Davi Kopenawa est une figure de la défense des droits autochtones depuis qu’il a obtenu la reconnaissance légale d’un territoire indigène de quelque 96.650 km de forêt tropicale, réservé à l’usage exclusif des Yanomami et garanti par un décret présidentiel. Entre 1987 et 1990, plus d’un millier de Yanomami avaient été tués à la suite des violences et des maladies qui accompagnèrent l’invasion de leurs terres par 40.000 chercheurs d’or. Mais, une fois de plus, le territoire Yanomami est envahi par 20.000 orpailleurs, en juillet 2019.

Selon Almir Surui, qui se bat pour défendre l’Amazonie de l’abattage illégal, « les peuples autochtones au Brésil traversent une crise politique, une crise de respect : le Brésil revient en arrière concernant les droits des peuples autocthones ». Le représentant autochtone appelle à ce que « le gouvernement mette en place des politiques publiques », car « aujourd’hui, nous sommes en risque de mort alors que nous défendons nos droits ».

Pour lui, la résistance est aussi un devoir des peuples européens : « Par un marché de l’or et du soja à l’extérieur du pays, vous, peuples extérieurs, contribuez à détruire les peuples indigènes. » Interrogé par Reporterre, Almir Surui en appelle aux choix de consommation européens : « La société consomme sans savoir quelles sont les origines de ses aliments. C’est ça ce qui affecte la vie des régions comme l’Amazonie. Peu de Français savent comment les produits du Brésil sont faits et comment ils arrivent jusqu’à eux. » Pour le représentant autochtone, la résistance au président du Brésil, Bolsonaro, et à son monde dépasse les frontières amazoniennes : « Il est nécessaire de nous unir. Vous, Européens, pouvez faire beaucoup plus que nous, peuples amérindiens. »

Voir en ligne : Reporterre

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