Au Brésil, l’actualité des combats de Marielle Franco, infox du Journal Officiel et jeux d’influence au sein de l’Executif

, par Luc Duffles Aldon

Cette semaine, le triste anniversaire de l’assassinat de Marielle Franco et Anderson Gomes. Une date politique choisie par la police pour arrêter les deux policiers militaires suspectés d’avoir appuyé sur la gâchette. Alors que se multiplient les éléments reliant l’assassinat aux intérêts du clan Bolsonaro, la question rhétorique exige une réponse « qui a ordonné l’assassinat de Marielle » ? Et à Franceinfo de se demander : la justice brésilienne ira-t-elle au bout ?
Crédits : Tomaz Silva/Agencia Brasil

Cette triste semaine donc, est aussi le théâtre d’un massacre (11 morts au total) dans une école publique de l’Etat de São Paulo, à Suzano.. Les débats sur la libération du port d’arme à feu et de la "majorité pénale" sont relancés par le sénateur Major Olímpio du parti présidentiel. Ce débat sur la libération du port d’arme, qui a été décrétée le début de l’année, est rapidement écarté par le vice-président le général Morão - usant de son pouvoir de modérateur. Si la circulation des armes a toujours été une réalité au Brésil, ce type de meurtre de masse est inédit et marque un changement de profil de l’agressivité au Brésil.

En session solennelle de la Chambre de Député.es, une minute de silence sera observée. On retiendra surtout le rappel à l’ordre de la présidente de séance la députée Carla Zambelli du parti présidentiel :

Une autre intervention en dehors du protocole sera la prise à partie de l’ex-député Jean Wyllys in vivo et in tweeto par l’ambassadrice du Brésil à l’ONU. L’ex-député participait d’un débat sur les infox et le discours de haine. En parlant de Twitter et de pouvoir modérateur des militaires sous le gouvernement Bolsonaro, le colonel Didio Pereira de Campos a été nommé Secrétaire spécial de la communication sociale auprès de la Présidence. Annoncé au journal officiel ; mais dénoncé par le Bolsonaro lui-même comme étant une infox ... on renbobine, oui c’est bien ça.

Les coalitions militaires ont cependant perdu un combat au sein du Ministère de l’Éducation. Place forte de la coalition "Olavista" [1], celle-ci a obtenue que le militaire Ricardo Wagner Roquetti soit démis de ses fonctions de Secrétaire exécutif pour être potentiellement remplacé par Iolene Lima, pasteur baptiste mieux alignée avec les lubies "anti-marxiste" et les avancées théocratiques (Pour mémoire ce reportage sur Arte TV).

La bataille opposant les coalitions militaires aux « ex-disciples de Olavo de Carvalho » continue et pourrait avoir de sérieuses répercussions sur les équilibres politiques au sein de l’exécutif.

Pendant ce temps, la boue toxique continue d’empoisonner les eaux fluviales de Paraopeba et depuis un mois, du fleuve São Francisco, un des plus importants d’Amérique du sud. C’est ce qu’ont dénoncé plusieurs organisations de la société civile brésilienne en Audience auprès du Haut Commissariat des Droits Humains à Genève.

Ce dimanche 17 mars, Bolsonaro et une délégation de 6 ministres arrivent au États Unis. Les négociations tourneront autour d’accords stratégiques militaires(Base de Alcantara au Brésil) et comerciaux (importation de la viande brésilienne et du blé étatsunien). Il est important de remarquer le rôle central du Secrétaire de la Sécurtié Institutionnelle, le Général Heleno dans la préparation de cet agenda bilatéral. Une rencontre avec Steve Banon et Olavo de Carvalho est également inscrite dans l’Agenda du Président.

[1du nom du gourou Olavo de Carvalho

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