Au Brésil, des révélations étayent l’hypothèse d’une manipulation politico-judiciaire pour faire élire l’extrême droite

, par Rachel Knaebel

27 juin 2019

Le site d’informations indépendant The Intercept a publié des conversations tenues sur la messagerie cryptée Telegram entre des magistrats brésiliens, dont l’ancien juge Sergio Moro devenu ministre de la Justice de l’actuel gouvernement d’extrême droite. Il en ressort que le procureur en charge de l’affaire impliquant l’ancien président de gauche Lula émettait des doutes sur la véracité des éléments qui ont fait condamner et mené Lula en prison, l’empêchant de se représenter. D’autre part, les magistrats auraient manoeuvré pour faire interdire une interview de Lula, quelques semaines avant l’élection présidentielle d’octobre 2018. Les auteurs de ces révélations, qui ont provoqué un séisme au Brésil, sont désormais la cible de nombreuses menaces.

Page de couverture des médias Veja et Istoé en mai 2017 / Crédit : Mídia Ninja

Il est le juge qui a fait emprisonner l’ancien président brésilien Lula da Silva – ce qui a empêché ce dernier de se présenter à l’élection présidentielle de 2018. Il est ensuite devenu le ministre de la Justice du nouveau président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Considéré par certains comme un « héros » des opérations anti-corruption, le juge Sergio Moro se retrouve désormais lui-même au cœur d’un scandale politico-judiciaire. Des révélations remettent en cause son honnêteté et son impartialité dans sa bataille judiciaire pour faire incarcérer l’ancien président de gauche brésilien.

Le 9 juin, le site d’informations indépendant The Intercept Brasil – l’édition brésilienne du site fondé par le journaliste états-unien Glenn Greenwald, célèbre pour avoir participé aux révélations sur les programme de surveillance de masse des services secrets états-uniens – a rendu publiques des conversations entre l’ancien juge et des procureurs brésiliens. Ces discussions se sont déroulées sur la messagerie cryptée Telegram, pendant la vaste opération anti-corruption « Lava Jato », du nom d’un système de financement illégal impliquant de nombreux élus et partis politiques au Brésil. Initiée sous la présidence de Dilma Roussef (Parti des travailleurs, PT), qui avait succédé à Lula, Lava jato est la première opération anti-corruption d’ampleur, dans un contexte où la justice a gagné en indépendance. C’est dans ce cadre que Lula a été condamné en janvier 2018 à plus de douze ans de prison. Il était accusé d’avoir bénéficié de largesses d’entreprises du BTP, en l’occurrence un appartement triplex à São Paulo.

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