Amérique latine : les politiques des gouvernements de gauche (1) Bref bilan social de l’année 2005

L’Amérique latine a désormais un certain nombre de gouvernements de gauche au pouvoir - et les futures élections de 2006 pourraient encore en augmenter le nombre. Un bref bilan peut être fait à leur sujet pour l’année écoulée.

Les nouveaux gouvernements se sont imposés de maintenir l’équilibre des comptes, d’accomplir ponctuellement les engagements extérieurs et d’attirer des investissements en accordant de solides garanties. Mais les électeurs espèrent aussi la mise en œuvre des promesses électorales sur le combat contre la pauvreté et le chômage et en faveur d’une répartition plus équitable de la richesse dans cette région la plus inégalitaire du monde. Pour le sociologue Atilio Borón, secrétaire exécutif du Conseil latino-américain des sciences sociales, le défi est réaliste. « Mais il suppose un changement dans le paradigme de politique économique que, jusqu’à présent, les pays n’encouragent pas. L’expérience la plus décevante de toutes est celle du Brésil », a-t-il déclaré.

Brésil

Le grand espoir brésilien est apparu en janvier 2003 avec l’arrivée au gouvernement du premier président de gauche, Luiz Inácio Lula da Silva, ex-dirigeant syndical et ouvrier dans la métallurgie. Cependant, la gestion du Parti des travailleurs (PT) n’a pas obtenu les résultats attendus en matière d’activité économique et de création d’emplois. Lula peut mettre en avant quelques réalisations. La Fondation Getulio Vargas de Río de Janeiro a signalé au début de ce mois que la misère a diminué de 27,26 % à 25,08 % de la population en 2004. Cela signifie que sont sortis de l’indigence plus de trois millions de personnes, soit 8 % des 40 millions qui étaient indigents en 2003. Le salaire minimum a augmenté de 9 % cette année, et le programme de "bourses pour les familles" (une aide pour les familles pauvres) a touché 6,57 millions de foyers en 2004, et l’objectif est d’en atteindre 8,7 millions en 2005 et 11,2 millions à la fin de la période de Lula, en décembre 2006. Mais la politique économique de Lula est basée jusqu’à présent sur un ajustement excessif des dépenses pour assurer le paiement des dettes et sur des taux d’intérêt élevés pour combattre l’inflation, combinaison de mesures qui n’est en rien nouvelle et qui engendre des effets récessifs.

Argentine

En Argentine, où gouverne Néstor Kirchner depuis mai 2003, on voit « une certaine volonté de changer les choses, au moins dans quelques secteurs », a estimé Borón. Après une crise dure en 2001, la population vivant dans la pauvreté avait largement dépassé les 50 %, pour se réduire durant les deux dernières années à 40 %. Mais pour l’essentiel, le gouvernement « s’est maintenu dans les règles strictes du Consensus de Washington, sans changement dans l’orientation de la politique économique », a-t-il ajouté. Le dénommé Consensus de Washington a consisté en un ensemble de politiques d’ajustement structurel formulées dans des programmes de la Banque mondiale, de la Banque interaméricaine de développement (BID) et du Fonds monétaire international (FMI), entre autres institutions, à partir des années 80. Selon Borón, un changement de fond en Argentine impliquerait que l’on aille vers une réforme fiscale qui rendrait le système moins régressif. Il a cité comme exemple : « Vendre une voiture modèle 1985 génère une obligation fiscale, mais vendre une entreprise de 15 000 millions de dollars, non. » Ce système, qui ne touche pas à la rente financière, a été hérité de la gestion de Carlos Menem (1989-1999). Dans cette période, on a mis pleinement en pratique le modèle néolibéral dans une des versions les plus orthodoxes de la région. « L’actuel gouvernement maintient cette même structure d’imposition », a signalé le sociologue.

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