Alto Parnaiba

Un extrait d’Urucara, blog du reportage que Mélanie Bourgoin, Tatiana Milanez et Antoine Olivier sont en train de réaliser pendant un mois au Brésil.

17 novembre

" Voilà, nous quittons Alto Parnaiba demain matin. Ce ne fut pas une mince affaire pour arriver jusqu’ici. Il nous aura fallut 3 jours de transport. Jeudi : Urucara-Manaus = 4 heures de bateau, suivi de 4 heures de bus. Vendredi : Manaus-Teresina = 8 heures d’avion avec escales à Sao Paulo et Fortalesa. Arrivée à Teresina à 1h du matin. Samedi matin : départ à 7h = 11h30 de bus jusqu’à Balsas. Puis 3 heures de taxi de nuit pour enfin arriver à Alto Parnaiba vers 22h. De tous ces moyens de transport, seul le taxi n’était pas vraiment rassurant. Je ne sais pas comment le chauffeur a eu son permis de conduire. Dans les montées, la petite fiat atteignait à peine les 20 km/h. J’avais surtout l’appréhension qu’il s’endorme au volant, vu les courbes qu’il adoptait parfois sur les lignes droites. Heureusement qu’il connaissait très bien la route... Depuis que nous sommes ici, notre rythme s’est un peu ralenti. C’est certainement dû à la fatigue du voyage mais aussi à la difficulté de faire les choses. A Alto Parnaiba, nous avons eu l’aide de Da Luz, elle tient un restaurant ici, mais surtout elle connaît et est connue de tout le village. Ici l’association a développé 5 projets : une bourse d’étude pour 5 filles issues de familles pauvres, la construction d’une bibliothèque fonctionnant à l’énergie solaire, la construction de 3 écoles rurales dans le Sertao (commune de Alto Parnaiba) et la construction de la « Sala Verde », centre d’éducation environnementale avec pépinière. La « Sala Verde » ne fonctionne pas encore, l’inauguration aura lieu dans peu de temps. La bibliothèque contient quelques livres, elle semble assez bien fréquentée par les enfants mais elle aurait besoin d’un ordinateur. Hier nous avons visité les familles des 5 filles qui bénéficient de la bourse d’étude donnée par Nordesta. Cette aide permet aux filles de familles très pauvres de pouvoir aller à l’école. Toutes ces familles habitent à Santo Antonio. C’est le cartier le plus pauvre de Alto Parnaiba, une sorte de petite favela de campagne. Dans ces familles, les mères ne travaillent pas, elles restent à la maison pour s’occuper de leurs nombreux enfants. Les pères, s’ils travaillent dans les fazendas sont peu présents. Certaines familles sont sans revenus car le père n’a pas de travail ou parce qu’il est parti. Il y a des maisons faites de briques rouges, d’autres de briques de terres, d’autres ayant une vague bâche plastique faisant office de mur, toit de palme, sol de ciment ou de terre. Les enfants, qui ont des visages assez durs au premier abord, se trouvent finalement très contents d’être pris en photo. Ce matin, nous sommes allés voir 2 des écoles rurales. Leur accès n’est pas facile : 2 heures de mauvaise piste dans les terres de Alto Parnaiba (Le Sertao). Et comme depuis que nous sommes ici, il y a des averses tous les jours, cela n’arrange pas l’état des pistes. Les paysages sont par contre magnifiques. Ces 2 écoles n’ont pas d’eau, pas d’électricité. Ce qui veut dire que les toilettes ne fonctionnent pas et qu’il n’y a pas de moyens pour cuisiner, pour que les enfants puissent déjeuner sur place. Certains d’entre eux habitent à 4 km de l’école et font le trajet à pied. On sent ici que les gens ont peu de ressources. Pour ce qui est de notre vie quotidienne, nous logeons dans une pousada, où nous sommes chouchoutés par la maîtresse de maison. Les coupures d’électricités sont fréquentes. Les repas, c’est arroz, fejao, carne, arroz, fejao, carne, arroz, fejao, carne. On a essayé les pizza pour changer, c’est particulier. De manière générale on peut dire que c’est plutôt vachement gras. Dans les bars, les restaurants, c’est TV, musique, TV+musique, mais surtout bien fort. Hier soir, nous sommes allés chez un Français, à côté de notre pousada. Il habite au Brésil depuis 20 ans et était donc très heureux de parler français avec nous. Et en bon français, il a débouché une bouteille de cabernet sauvignon. Malgré les difficultés des gens que nous rencontrons, tout ce voyage pour l’instant est fait de beaux paysages, de rencontres et d’émotions. C’est bon d’être au Brésil. "

URUCARA

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