Ainsi font font font les bourreaux …

, par Autres Brésils

La deuxième journée du festival Brésil en Mouvements, fait la lumière sur une thématique qui tient à cœur à l’association Autres Brésils : la mémoire de la dictature civile-militaire de 1964-1985. Devant la caméra de Beth Formagini, Eduardo Passos, psychologue, discute avec Claudio Guerra, ancien commissaire du DOPS [1] de l’État du Espirito Santo, des méthodes implacables d’un système de terrorisme d’État qui torture et fait disparaître, hommes et femmes, avant et pendant la Dictature et jusqu’à ce jour.

Il est indéniable que les groupes militaires, milices et escadrons de la mort, sont toujours actifs, œuvrant sous couvert de garantie de la sécurité publique dans les favelas notamment. Sans complexe aucun, l’extrême-droite salue ces « professionnels de la violence ». Dans un contexte international de criminalisation des mouvements sociaux populaires, les techniques de maintien de l’ordre public et réflexes arbitraires des forces de l’ordre perdurent. Le symbole de cet arbitraire de l’État d’exception contre une partie de la population brésilienne est sans doute Rafael Braga, emprisonné à plusieurs reprises depuis les manifestations de Juin 2013 et condamné, en 2017, à 11 ans de prison.

Adriane Canan, membre du Mouvement des Personnes Atteintes par les Barrages (MAB) dénonce le candidat d’extrême-droite et ses idées. Crédit photo : Quesia do Carmo.

C’est le combat qu’incarnait Marielle Franco, conseillère municipale de Rio de Janeiro, exécutée ce 14 mars 2018. L’enquête sur son assassinat repose la question du financement et des soutiens par des groupes d’intérêts puissants articulant les renseignements et les missions meurtrières. Elle n’avance pas et les questions qui restent sans réponses sont nombreuses. Tous les jours, depuis son assassinat, les mouvements sociaux et les défenseurs des droits humains au Brésil rappellent que la conseillère municipale est toujours #Mariellepresente.

La proximité de l’armée et du pouvoir exécutif est une autre question que pose Maud Chirio, invitée à débattre. Selon elle, c’est une évolution récente de la crise politique consécutive au coup d’État de 2016. Elle s’illustre par des prises de position de l’Etat-major contre une candidature de #LulaLibre et une participation sans précédent de militaires de réserve dans les scrutins électoraux des États pour octobre 2018.

Fred Lyra, Erika Campelo et Maud Chirio, les intervenants après la session "Face au bourreau". Crédit photo : Quesia do Carmo.

Les scénarii électoraux commencent, enfin, à inquiéter les observateurs. En cas de victoire du candidat d’extrême droite, la militarisation du pouvoir sera effective ; en cas de défaite, leurs réactions deviennent moins prévisibles. Le public a ouvert plusieurs pistes de réflexion, à explorer lors des prochaines sessions jusqu’au débat de dimanche à 18h : « perspectives politiques à la veille des élections ».

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Découvrez la bande-annonce de l’édition 2018 !


Até breve ! A equipe d’Autres Brésils !

[1Police politique sous la Dictature appelée Département de l’ordre politique et social

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