A Brasília, le gouverneur abandonne 170 familles à leur destin

, par Brasil de Fato

Dans tous les secteurs, la politique du gouvernement fédéral et des gouvernements des Etats frappent la majorité de la population et, en particulier, celle la plus paupérisées. Seuls les mouvements sociaux - comme c’est le cas ici - sont aptes à freiner la politique néoconservatrice des pouvoirs politiques et patronaux.

Le Gouverneur du District fédéral de Brasilia ordonne l’évacuation d’habitations occupées et conduit les femmes et les enfants dans des centres d’accueil. Le procureur de la Justice affirme que cette action provoque de l’insécurité dans la vie de ces personnes.

Avec maladresse, le nouveau gouverneur du District Fédéral, José Roberto Arruda (PFL- Parti du Front Libéral), vient de présenter sa carte de visite : une action musclée pour en finir avec les quartiers d’habitations dites illégales de la capitale. Dans ces quartiers coexistent d’ailleurs logements de luxe et logements précaires.

Toutefois, c’est bien au sein de la population disposant de petits revenus que la destruction a commencé. Vendredi 26 janvier 2007, le gouvernement du District Fédéral a fait détruire 300 baraquements qui abritaient environ 170 familles dans une zone inflammable dangereuse de Brasilia (DF) où se trouvent des dépôts de combustibles qui alimentent la capitale. [La ville de Brasilia compte quelque 2,3 millions d’habitants].

Les familles vivaient là depuis plus de huit ans. Arruda a autorisé cette action alors qu’il venait d’annoncer un jour auparavant que la destruction ne surviendrait que lorsqu’on aurait trouvé un lieu adéquat pour recevoir les familles.

Une habitante du quartier, Maria Graciete do Monte raconte : « On a commencé à entendre du bruit et quand on a vu la première baraque s’effondrer, on n’a eu que le temps de prendre les enfants et de sortir en courant ». Beaucoup n’ont réussi qu’à emporter les outils de travail utilisés dans la coopérative liée de ramassage où ils travaillaient et qui se trouve juste à côté.

Les femmes et les enfants expulsés ont été conduits au centre d’accueil Casa de Passagem. Mais ce centre se trouvant être plus que plein. Le secrétariat du gouverneur pense donc conduire les familles vers des cités-satellites et prendre en charge leurs loyers pour quelques mois. Cependant, rien n’est encore décidé clairement.

La préoccupation des familles est de réussir maintenant à retourner au travail et à garantir que les enfants puissent aller à l’école. Côté travail : à cause du départ des femmes, il y a déjà eu des retombées négatives sur le fonctionnement de la coopérative. Et côté éducation : puisqu’ils vivaient dans une zone considérée comme dangereuse, les enfants étaient transportés dans les écoles voisines par deux bus mis à disposition par le gouvernement du District fédéral. Avec l’évacuation, les parents craignent que leurs enfants ne puissent pas à retourner à l’école le lundi 12 février [étant donné que c’est maintenant l’été au Brésil, les enfants viennent d’avoir les « grandes vacances »].

Pour le procureur de la Justice Militaire, Mauro Faria, la manière dont l’action a été menée provoque l’incertitude quant au futur des familles. « Maintenant celles-ci vont dans un foyer d’accueil, mais ensuite ? » demande-t-il. Il n’y a là pas d’eau courante. Les enfants partagent l’espace avec des animaux et la puanteur règne partout.

L’expulsion des familles a fait que des mouvements tels que le Mouvement des Chômeurs, l’organisation Consulta Popular, le Mouvement des Victimes des Barrages, Caritas Brésil, la Pastorale auprès de la Jeunesse du Brésil ou – entre autres – la Centrale des Coopératives de ramasseurs de Matériaux Recyclables du Département Fédéral et des environs, ont rédigé un manifeste et une pétition pour dénoncer l’action du gouvernement et exiger qu’une solution soit trouvée pour ces familles.


Source : A L’ENCONTRE

Traduction d’un article de Brasil do Fato du 8 février 2007


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