dernière mise à jour le 6 septembre 2010


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Virement de bord pour la gauche
par Vanessa Marx , Boaventura de Sousa Santos


Pour le sociologue portugais Boaventura de Sousa Santos, il y a quelque chose de "différent" à gauche, et plus spécialement, dans la gauche latino-américaine : “les divers courants sont en train de réclamer leur autonomie, plus de liberté dans leurs ordres du jour, et ne veulent plus signer de chèque en blanc aux partis”, analyse-t-il, rappelant aussi l’importance prise par les organisations indigènes dans ce nouveau cadre.


Entretien mené par Vanessa Marx

Source : Le Monde Diplomatique Brasil

Traduction : Jean Saint-Dizier pour Autres Brésils


Le Monde Diplomatique Brasil – Quelle est LA formation politique de gauche aujourd’hui ?

Boaventura de Sousa Santos – Le grand problème est de savoir ce qu’est être de gauche aujourd’hui. Au XXè siècle, il y avait deux formations politiques de gauche, et aucune d’entre elles ne considérait l’autre comme étant de gauche. Je veux parler de la division qui opposait les partis socialiste et communiste à l’époque de la première guerre mondiale. Les communistes des années 20 considéraient les socialistes comme des nationaux-socialistes. Ainsi, au parlement français, mais surtout au parlement anglais, le parti communiste critiquait toute amélioration obtenue par voie électorale puisqu’ils croyaient que seule une transformation révolutionnaire pouvait offrir aux travailleurs et à la population en général, le bien-être qu’ils méritaient. Par conséquent, il y a bien une tradition de deux gauches, l’une férocement anti-socialiste et l’autre férocement anti-communiste. Cette tradition s’impose encore en Europe avec véhémence.

[...]

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