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Auteur : Susana
BLEIL * |
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Les expériences réalisées dans les assentamentos du MST révèlent des stratégies de survie très novatrices. En raison de leur capacité à réussir face à des conjonctures défavorables pendant presque une vingtaine d'années, les assentamentos constituent de véritables " laboratoires " qui méritent d'être étudiés (Medeiros et Leite, 1999(a) : 16. Medeiros et Leite, 1999(b) : 155). Notre recherche porte sur l'assentamento de Santa Maria, situé aujourd'hui au sud du Brésil, dans le nord-ouest de l'état du Paraná. Il s'agit d'un ensemble de familles et des individus fils de petits propriétaires qui, ayant perdu leur terre à la suite de dettes ou ayant quitté la maison de leurs parents, en étaient réduits à vivre dans la pauvreté au sud-ouest du Paraná. L'assentamento Santa
Maria est donc une sorte de société intégrée
où existe une division du travail entre les hommes et les femmes,
qui sont rémunérés par heure travaillée. Dans
cet assentamento de type collectif, les espaces privés et collectifs
réalisent une sorte d'intégration : les familles ont chacune
une maison mais le petit-déjeuner et le déjeuner sont pris
collectivement, dans un restaurant. Dans ce cas, les champs appartiennent
à la coopérative et les individus doivent décider
collectivement ce qu'ils veulent et comment y parvenir. En effet, les
décisions relatives à la production, à la commercialisation
et même à une partie de leur consommation (au restaurant)
ont pour but d'être prises collectivement. " Quand nous
avons décidé de venir à la Copavi, nous avons organisé
des réunions avec les camarades qui étaient venus avec nous
et à ce moment-là, on a élaboré ce projet
: " Nous allons à la Copavi, à Paranacity, mais pour
travailler le collectif, la terre entière sous forme collective
". Moi-même, j'ai eu peu de difficultés parce que, quand
nous sommes arrivés, nous connaissions déjà les personnes,
nous avions déjà
déjà un objectif. Tout
le monde avait déjà cet objectif : le même. Ainsi,
nous avons eu cette facilité. Moi, je trouve que notre convivialité
à l'intérieur du groupe
est
est plus facile
à vivre ensemble grâce à la lutte que nous
la lutte que nous menons, le fait de connaître de plus en plus le
mouvement sans terre, le fait de travailler de plus en plus dans le mouvement
sans terre. Tu commences donc
Tu deviens quelqu'un de plus sensible
pour comprendre les autres
Il y a des gens qui sont plus difficiles
à comprendre, n'est-ce pas ? Tu as donc cette facilité.
Et les gens qui ne sont pas dans le mouvement sans terre, nous le voyons
maintenant. Ces gens
ont une certaine difficulté à
comprendre les camarades, à être sensibles aux autres camarades,
à comprendre
et à avoir des relations avec les autres
camarades. Un grand nombre de familles qui sont venues ici sont parties.
Pour quelle raison ? Parce que ces familles viennent, elles ne sont, comment
je peux dire, elles ne réalisent pas d'où elles sont venues,
où elles vont, quel est le travail qu'elles doivent réaliser
Elles n'ont pas d'objectif clair, en fait, elles n'ont pas d'objectif
clair. Nous avions, en fait, un objectif clair
Pour arriver à
vivre ici comme nous vivons
Nous devons avoir avant tout la sensibilité
avec les camarades " (Entretien réalisé avec Célia
Soares le 19 septembre 2001). " Par exemple,
ici, on a cet avantage : une discussion est une discussion ! Tu es dans
une réunion, tu peux insulter quelqu'un, tu peux
Parce qu'il
est clair que les opinions ne seront pas toujours semblables, n'est-ce
pas ? Par exemple : moi, j'ai une opinion. Natalino [son mari] en a une
autre
Je ne vais pas toujours être d'accord avec ses opinions
parce qu'il est mon mari. Parfois, il peut avoir raison et moi, je peux
aussi ne pas être d'accord. C'est comme ça
Jamais les
opinions ne seront tout à fait les mêmes. Mais quand on sort
de la réunion, personne n'est en colère, personne ne va
se disputer. Une réunion est une réunion ! Une discussion
est une discussion ! Le travail est le travail et la relation avec les
autres est une autre chose. Après la réunion, il n'y a plus
de dispute
On revient à la normale
Par exemple, jamais
quelqu'un n'a agressé quelqu'un d'autre
c'est même
interdit. Nous avons des règles : " si quelqu'un agresse quelqu'un
d'autre, il est expulsé ". Cela n'existe donc pas. A la fin,
on se fiche la paix " (Entretien réalisé avec Teresinha
Gonçalves le 19 septembre 2001). * Cet article fait
partie de la thèse de doctorat en sociologie à l'EHESS,
en cours : Article
tiré de Info Terra - Frère des Hommes, décembre
2002 |
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