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Photos anciennes des
Xavante (CMI Brésil)
Alors que le peuple
Xavante tente de récupérer la terre indigène Marãiwatsede
dans l'Etat du Mato Grosso, les agressions et les tentatives d'assassinats
de la part fazendeiros [2] et des posseiros
[3] ont augmenté à leur
encontre.

La terre indigène Marãiwatsede, bien que déjà
délimitée et homologuée par le gouvernement fédéral,
continue dans les mains des grileiros [4],
soutenus par les décisions successives du Tribunal Fédéral
de la région (TRF). Les grileiros, appelés botinudos
(colons d'origine européenne provenant du sud du Brésil,
installés en Amazonie durant la dictature militaire), sont connus
dans toute la région pour leur violence et leur racisme. Ils sont
fortement armés et disposent de véritables armées
d'hommes de mains et de tueurs à gages.

Le grand entrepreneur du sucre Orlando Ometto s'est approprié la
terre Marãiwatsede dans les années 60 : il a expulsé
les Xavante et l'a transformée en la plus grande propriété
terrienne du Brésil, la fazenda Suiá-Missu, avec
près de 1 million d'hectares.
Ensuite, elle est passée sous le contrôle de la multinationale
italienne Agip, qui a affirmé, durant
l'ECO-92 [5], vouloir la rendre aux Xavante. Et,
bien que n'ayant pas accompli sa promesse, son annonce a été
suffisante pour provoquer l'invasion de la fazenda par les botinudos,
qui ne veulent rien savoir du droit des Indiens Xavante.

Les Xavante ont finalement réussi à homologuer une aire
de 168 000 hectares en 1998 (une petite fraction de leur ancien territoire),
mais, malgré cela, ces terres ont continué à être
achetées et vendues avec registre et cadastre. Le grand propriétaire
Gilberto Rezende garantit avoir acheté toute l'aire détenue
par Agip, pendant qu'un autre fazendeiro, Jurandir de Souza Ribeiro,
affirme également avoir acheté les mêmes terres et
a d'ailleurs commencé à les diviser entre divers grileiros.

Les Xavante continuent à camper au bord de la route BR-158, empêchés
de revenir sur ce qui reste de leurs terres par des barrages d'hommes
de main armés et par une décision du TRF, selon laquelle
leur retour augmenterait la " tension sociale ". Une déclaration
du grand propriétaire Renato Teodoro Filho au Correio Braziliense
résume bien la situation : " Nous sommes les vrais Brésiliens,
contrairement aux Indiens, qui vivent suspendus au gouvernement. "
Source : CMI Brasil 04/02/2004
Traduction : Georges da Costa pour Autres Brésils
[1] bandeirantes : dès 1590, à partir de la
ville São Paulo, les bandeirantes organisent des incursions
à l'intérieur du territoire pour conquérir cette
région encore mal connue des Portugais. Ils cherchaient de l'or
et des esclaves indiens.
[2] fazendeiro : grand propriétaire terrien.
[3] posseiros
: travailleurs agricoles qui tentent d'exploiter une terre qu'ils ont
eux-mêmes défrichée.
[4] grileiro : propriétaire terrien possédant
de faux actes de propriété.
[5] ECO-92 : Conférence des Nations-Unies sur l'Environnement et
le Développement, qui a eu lieu à Rio de Janeiro, en juin
92.
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