Amazonie : forêt en danger

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Pendant que la cote de popularité du président Luiz Inacio Lula da Silva continue à chuter (de 65,3% en février à 59,6% en mars, selon un sondage fait par l'institut Sensus de la Confédération nationale des transports du 24 au 26 mars dernier), la forêt amazonienne continue à être détruite.

Selon les chiffres du gouvernement, 23 750 km2 (l'équivalent de la Sardaigne) de forêt tropicale ont été abattus entre août 2002 et août 2003, soit environ deux fois plus que la moyenne annuelle dans les années 1990, taux de destruction sensiblement supérieur à celui enregistré l'année précédente (2% de plus).

Selon certains experts, quelque 20% des quatre millions de km2 de la forêt amazonienne ont déjà été détruits du fait de l'activité humaine. En 1995, 29 000 km2 avaient été abattus, un record.

Grignotée par la culture du soja et les élevages bovins, l'Amazonie brésilienne a perdu 16,3% de sa superficie forestière depuis les années 1970, soit 653 000 km2, ce qui correspond à un territoire grand comme la France et le Portugal mis ensembles.

Les principales causes de la déforestation sont l'élevage et l'agriculture, la culture du soja notamment, l'abattage non contrôlé d'arbres et les travaux d'infrastructure, l'ouverture de routes en particulier.

Selon le Ministère de l'Environnement, les États les plus sévèrement touchés par la déforestation ont été l'an dernier ceux du Mato Grosso (10 416 km2), du Para (7 293 Km2), de Rodonia (3 463 km2) et d'Amazonas (797 km2).

L'association Greenpeace se dit pourtant «optimiste» après l'annonce en mars par le président Lula d'un plan national de contrôle de la déforestation.

La police fédérale va installer 26 postes dans les régions où l'on déboise le plus et une coordination sera mise en place entre plusieurs ministères pour augmenter les contrôles.

Rappelons que l'un des gros problèmes pour endiguer la déforestation est le manque d'effectifs de l'Institut de l'environnement (Ibama) pour surveiller les 4 millions de km2 de forêt amazonienne, soit la moitié du Brésil. Par ailleurs, les dégâts ne sont pas toujours repérables par satellite car il s'agit souvent de petites fermes familiales de deux hectares.


G. da Costa
Source : AFP - avril 2004