|
Retour

Paraty
Les
photos de ce voyage
Pour qui n'est
jamais allé au Brésil, il est difficile de choisir par où
commencer la visite. On entend parler d'un tas d'endroits éblouissants,
pour ne pas citer les plus connus : Rio, Bahia, Amazonie
Quand mon copain et moi avons décidé de visiter le Brésil,
nous n'avions aucune idée pré-établie et pas beaucoup
d'argent non plus. Tout d'abord je suis Brésilienne, de Rio, et
malgré la beauté de ma ville, je sais que le Brésil
a beaucoup à offrir comme paysages et endroits inoubliables. C'est
pour cette raison que, pour montrer un petit peu de mon pays à
Antoine, Français de Castres (Tarn), il m'a fallu un certain moment
pour réfléchir et décider de faire un voyage amusant
et surtout, pas cher.
En arrivant à Rio de Janeiro, premier arrêt : Corcovado.
C'est sur cette montagne que la statue du Christ - construite en France
par le sculpteur polonais Paul Landowski - , bénit les cariocas
à plus de 700 mètres de haut.
Tout près du monument, se trouve un quartier très sympa,
point de rencontres d' artistes et bohèmes qui garde encore quelques
exemples de maisons coloniales construites à la fin du siècle.
Santa Tereza, " Santa " pour les intimes, c'est comme
un village à part dans la ville. Le transport public principal,
c'est le tramway.
Après cette promenade, impossible de ne pas penser à se
baigner, surtout quand vous êtes sous une chaleur de 40°. La
plage de Ipanema est une de mes préférées.
Avec les montagnes surnommées " Dois Irmãos "
(Deus Frères) en toile de fond, on a pu flâner tranquillement
en sirotant de l'eau de coco et en regardant la " mode plage ",
qui change à chaque été et a une caractéristique
spécifique.
Le lendemain on est partis traverser la Baie de Guanabara (qui
a donné son nom à Rio, ancien " état de la Guanabara
") en direction d'une ville tout proche, Niterói. C'est
là que se situe le nouveau Musée d'Art Contemporain (MAC),
construit par Oscar Niemeyer, architecte connu pour la construction de
la capitale du Brésil, Brasília. Ancré sur une pointe
rocheuse, cette fleur de béton émerge d'un petit bassin
et offre une vue imprenable sur toute la baie de Rio, avec au loin le
Pain de Sucre et le Corcovado. La vue est superbe et ça vaut vraiment
le détour.
Un autre jour, nous sommes allés visiter des amis qui habitent
la plus grande favela du Brésil, Rocinha. Ils nous ont offert
une petite balade, pour aller à la découverte de leur quartier.
Au détour d'une rue, on a rencontré des cochons (!!!), des
ramasseurs de jaca (gros fruit exotique) et pour finir, accompagnés
d'enfants, nous sommes partis nous baigner dans un petit lac situé
au milieu de la forêt au dessus de la favela. Les enfants étaient
très contents de nous faire connaître leurs endroits secrets
de jeu. Rocinha, comme la plupart des favelas, est au contraire de ce
que beaucoup de gens pensent, un endroit où on peut trouver des
coins paisibles avec des gens honnêtes et joyeux.
Mais on était
encore à la moitié de notre séjour. On a donc décidé
de partir à la découverte d'autres paysages.
On a commencé par Ilha Grande. Cet île, comme son
nom l'indique, est la plus grande de l'état de Rio. Après
avoir servi de champ de plantation de canne de sucre et de café
depuis le XVIIIè siècle, elle a hébergé une
grande prison jusqu'à 1993. Mais la beauté de ses 23 plages,
de ses chutes d'eau et de ses montagnes de forêt tropicale ont toujours
attiré des touristes venus du monde entier. Pour y arriver, il
faut quatre heures de route, incluant deux heures de bateau. La meilleure
activité c'est, bien sûr, d'aller à la plage. Malgré
la pluie on a réussi à connaître six plages différentes.
Pour s'y rendre, il faut marcher et, parfois, beaucoup marcher. Il y a
plusieurs sentiers bien signalés qui passent par le milieu des
forêts, rivières, plages désertes et communautés
locales. Après la plage, j'ai pris l'habitude de me rendre au centre,
Vila do Abraão, pour manger des pâtisseries typiques brésiliennes.
Elles sont vendues comme dans les villages de l'intérieur du pays
: dans un chariot poussé par un monsieur qui crie pour annoncer
ses produits.
Après Ilha Grande, nous sommes allé à Paraty.
Ce village fait parti d'une liste de villes protégées et
classées par l'Institut du Patrimoine Historique et Artistique
National. Ses maisons sont datées du XVIIIè et XIXè
siècles. Les voitures y sont interdites pour ne pas endommager
les pierres qui recouvrent les rues étroites. Paraty, petit bijoux,
offre aussi des plages incroyablement belles. Nous nous sommes rendus
à l'une d'entre elles, la plage de São Gonçalo, d'où,
après une traversé de seulement trois minutes en bateau,
on est arrivés à Ilha do Pelado, un paradis sur Terre
!
Bon, après quelques jours de plages, poissons, crevettes et bières
fraîches, c'était le moment de partir pour l'intérieur
du Brésil qui, à vrai dire, est un autre monde.
En partant de Rio, l'autoroute qui passe par l'état de Minas
Gerais est parsemée de gigantesques kiosques à fruits.
En sortant de la route principale, on emprunte des kilomètres de
routes de terre complètement défoncées par la pluie
d'été, les camions et les bus ; un danger inquiétant
pour une voiture fragile comme la nôtre. Après quelques frayeurs,
on est finalement arrivés à Santa Rita da Jacutinga.
Ce tout petit village, situé au milieu de nulle part, offre le
plus grand nombre de chutes d'eau du Brésil : 72. Mais, une fois
de plus, la pluie ne nous a laissé aucun répit. On est donc
partis sans visiter une seule chute
Pour nous, le meilleur de Santa
Rita reste sa population. Les mineiros sont connus pour être méfiants
et timides. Mais on a rencontré des gens simples, généreux
et extrêmement gentils.
De Santa Rita da Jacutinga on est partis pour Tiradentes. Cette
ville, située au milieu des montagnes, est aussi classée
patrimoine historique et mondial. Abondante en or au XVIIIè siècle,
la ville est aujourd'hui connue pour son architecture coloniale, ses restaurants
aux repas typiquement mineiros et son artisanat. En fait, on a su que
l'artisanat vendu cher à Tiradentes, venait d'un minuscule village
situé à 7 km de là, Bichinho (" petit
animal "). On a eu aussitôt envie de connaître cet endroit.
Les gens de Bichinho nous ont accueilli chaleureusement, après
une semaine d'isolement total. La route de terre sérieusement endommagée
par la pluie ne permettait à personne de s'y rendre. Bichinho n'a
rien de spécialement beau comme architecture ou nature, mais la
simplicité et la gentillesse de ses habitants, la beauté
de son artisanat et sa seule rue trouée nous ont séduit
immédiatement. On ne voulait plus partir de là. Mais le
manque d'hébergement nous a découragés. C'est ça
le charme de Bichinho : son isolement et son manque d'infrastructures
pour les touristes. C'est, sans doute, notre meilleur souvenir du Brésil.
Texte et photos : Tatiana
Milanez et Antoine Olivier, décembre 2002
|
|