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Les données sur les conflits dans les campagnes enregistrés
par la Commission Pastorale de la Terre (CPT), en 2002, montrent que la
dernière année du gouvernement de Fernando Henrique Cardoso
a connu une recrudescence de violence envers les travailleurs/travailleuses
ruraux. Le nombre d'assassinats pour des conflits pour la terre, 38,
a été identique a celui de 1998, et seulement inférieur
à celui de 1996, où 46 morts avaient été comptabilisés.
Il faut rappeler que 1996 est l'année du massacre de Eldorado dos
Carajás, où 19 " sans-terre " ont été
tués et 69 blessés.
L'année dernière, alors que l'opinion publique était
tournée vers la Coupe du Monde et, tout de suite après,
s'engageait dans le processus électoral, dans les campagnes, les
conflits se sont fortement intensifiés pour les familles à
la recherche d'un lopin de terre. Le nombre d'assassinats a augmenté
de 30% par
rapport à l'année antérieure, 2001, où 29
personnes avaient été tuées. C'est le plus grand
nombre depuis 1996. L'état du Pará continue de caracoler
en première place avec 17 assassinats, suivi par Espirito Santo,
où on a comptabilisé 6 morts (tous de la même famille).
Viennent ensuite les états du Mato Grosso, du Pernambuco et du
Piauí, avec chacun 3 assassinats.
Tentatives d'assassinats : l'année dernière, la CPT
a comptabilisé le même nombre de tentatives d'assassinat,
37, qu'en 2001. Le nombre de morts dus aux conflits a déjà
augmenté. Il y en a eu 8 en 2002, contre 1 en 2001. L'année
dernière il y a eu 217 menaces de mort, contre 132 en 2001. Les
données montrent encore que 20 personnes ont été
torturées, contre 15 en 2001, et 28 ont été menacées
d'emprisonnement, contre 27 en 2001. Les chiffres de 2002 ne sont inférieurs
qu'en ce qui concerne les emprisonnements, 187 l'année dernière
contre 254 en 2001 ; et les agressions physiques, 22 contre 40.
Les chiffres de 2002 enregistrent une légère baisse du nombre
de conflits. En 2001, il y en a eu 887, alors que l'année dernière
il y en a eu 827. Il y a aussi moins de campements et d'occupations de
terre. Le nombre d'occupations, qui s'élevait à 194 en 2001,
a été de 160 en 2002. En 2001, 65 campements ont été
créés, contre 58 en 2002. Pendant la période électorale,
les travailleurs ont moins mené ce type d'actions.
Augmentation effrayante des travailleurs esclaves - Ce qui interpelle
le plus, dans les données de 2002, c'est l'augmentation, on peut
dire " effrayante ", du nombre de travailleurs en situation
d'esclavage. C'est le plus grand nombre de cas, 148, depuis que la CPT
a commencé à les recenser. L'année dernière,
5665 adultes ont été réduits à cette condition.
Comme les années précédentes, le Pará concentre
le plus grand nombre de cas, 117, avec 4333 travailleurs esclaves. Ensuite
viennent le Maranhão avec 12 cas concernant 432 personnes et le
Mato Grosso, avec 11 cas touchant 723 travailleurs.
Ce qui est le plus impressionnant, c'est que l'augmentation du nombre
de cas et de personnes soumises à la condition d'esclave a lieu
l'année même où le gouvernement a créé
la Commission Spéciale de Lutte contre le Travail Esclave et Infantile
au Conseil de défense des Droits de l'Homme (CDDPH), dépendant
du Ministère de la Justice. La création de cette commission,
malgré la bonne volonté et l 'engagement des personnes qui
la composent, n'a pas été capable d'arrêter la progression
de cette triste réalité.
L'impunité est l'un des principaux facteurs favorisant la poursuite
du travail esclave au Brésil. L'augmentation du nombre de cas
identifiés ne signifie pas que l'action de l'Etat ait été
plus efficace que les autres années. En 2002, moins de la moitié
des propriétés dénoncées, preuves à
l'appui, ont été verbalisées par la Brigade Mobile.
Cette brigade n'a verbalisé au Pará que 36% des propriétés
dénoncées (42 sur 117) et n'a libéré que 31%
des travailleurs (1346 sur 4333).
A propos des données : la Commission Pastorale de la Terre
enregistre avec soin, depuis 1985, les conflits ayant lieu dans les campagnes.
Le relevé est fait à partir d'une recherche primaire, réalisée
par les agents de la CPT sur le terrain, et d'une recherche secondaire,
réalisée à partir des informations recueillies dans
la presse. Cette année, la Commission divulgue des données
préliminaires. Les chiffres feront partie du Cahier des Conflits
dans les campagnes 2002, qui sera publié par la CPT en avril. Tous
les ans, l'organisme édite ce livre qui est devenu un document
de référence pour divers secteurs brésiliens. L'année
dernière, le cahier a été reconnu comme publication
scientifique par l'Institut Brésilien de l'Information, des Sciences
et Technologies (IBICT).
La CPT a été créée en 1975 pour agir en
collaboration avec les travailleurs/travailleuses ruraux. L'entité
soutient l'organisation des paysans et dénonce les cas d'injustice
et de violence.
Source
: Site du MST, février 2003
Traduction : Sandrine Lartoux, pour Autres Brésils, mai
2003
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