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Après un profond dégoût j'ai cessé de voter pendant 13 ans, je ne me suis jamais justifié (et devais-je le faire ?), j'ai perdu mon titre d'électeur ainsi que le droit de renouveler mon passeport, j'ai été forcé de travailler à l'organisation des élections et de payer une amende exorbitante de 13 Réais pour récupérer ma liberté d'aller et venir. Je commençais donc à accepter le fait d'aller aux élections pour voter blanc. Mais, en 2002, je n'ai pas pu résister à la tentation et j'ai voté pour Lula. Au moins lui il ne va pas voler, ai-je pensé ingénument. Avant d'aborder ce sujet, il me faut admettre que j'admire la sagesse réaliste de ce nouveau gouvernement. Malgré des résultats encore insatisfaisants (et précoces) dans d'importants domaines, il semble que nous prenions des directions plus positives. Mais cette déception, je ne l'attendais pas. Le président peut dire ce qu'il veut, mais nous savons tous que la petite période de temps, qu'il affirme n'avoir duré qu'une heure et demie, écoulée entre sa prise de connaissance des faits et la démission du sympathique " Waldomiro PC Farias Diniz " [2], a duré en vérité quelques mois. Les déclarations de Luiz Eduardo Soares posent question. Et le fait que le président ait choisi de garder Dirceu et Waldomiro (le nouveau duo de notre longue histoire de corruption) et de renvoyer le gênant auteur des accusations (l'un des plus grands spécialistes en sécurité au Brésil), révèle déjà beaucoup de choses. Et convenons que cela fait mauvais effet d'essayer d'empêcher la mise en place d'une CPI [Commission Parlementaire d'Investigation] évidemment nécessaire, pour quelqu'un qui a passé des années à demander des CPI les unes après les autres. Il est clair que les contingences du pouvoir ont leur part de responsabilité, mais les électeurs attendaient davantage du gouvernement en en termes d'éthique. Si nous sommes vraiment dans une démocratie, je voudrais rappeler au gouvernement que le peuple a voté pour Lula, et non pour José Dirceu. De la même façon que Carlos Henrique Gouveia de Mello [3] a cessé d'exister avec l'amnistie, le super-premier ministre pourrait lui aussi s'en aller discrètement, prendre sa retraite, lâcher l'os du pouvoir et rendre ainsi un grand service à la nation. Tout cela, évidemment, au cas où le président voudrait maintenir une image de transparence et d'honnêteté, car ce qui ne colle pas c'est de continuer à affirmer que l'illustre et cultivé monsieur José Dirceu n'était pas au courant. Février 2004 Traduction : Eduardo Rego pour Autres Brésils
[3] Carlos Henrique Gouveia de Mello est le nom que portait José Dirceu dans la clandestinité de la lutte contre la dictature. |
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