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Les journalistes
se mobilisent contre un projet de loi instaurant un organisme de contrôle
de la profession. Le gouvernement nie toute volonté d'ingérence, arguant qu'il n'aura, selon le projet de loi, aucun membre au sein du CFJ, ce qui garantira son autonomie. Brasilia précise aussi que le texte, élaboré à la demande de la Fédération nationale des journalistes (Fenaj), ne fait que répondre à «une revendication ancienne de la profession». Mais l'une des principales associations professionnelles, l'Association brésilienne de la presse, elle, dénonce le projet. Même son de cloche chez les patrons de presse, qui craignent la suspension de leurs médias. Si le soutien de la Fenaj à ce projet de loi inspire la méfiance, c'est que cinq des sept membres de sa direction sont affiliés au Parti des travailleurs (PT), la formation du président Lula. Une coïncidence d'autant plus troublante que le gouvernement est un farouche partisan du CFJ, «pour punir les conduites inadéquates de journalistes et de médias qui publieraient ce que bon leur semble, en fonction de leurs intérêts». Le projet de loi, en tout cas, n'est pas fait pour arranger les relations déjà difficiles entre le gouvernement et la très offensive presse brésilienne. Lula ne l'a pas rassurée en traitant de «bande de lâches» les journalistes opposés au CFJ. Le gouvernement envisage même d'interdire aux fonctionnaires de recevoir les journalistes. «Toutes proportions gardées, note le député Fernando Gabeira, ce gouvernement semble avoir en tête le modèle chinois, combinant l'ouverture économique à un éventuel contrôle de la presse et de la culture» allusion à un autre projet de loi polémique, conférant à l'Etat un droit de regard sur la programmation des médias audiovisuels. «Il n'y aura pas de retour à la censure», assure Lula. Il a toutefois exclu de retirer le projet. |
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