Lula lance un plan d'éradication du travail esclave

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Législation - Il y a au moins 25 000 personnes sous le régime de l'esclavage dans le pays.
La proposition du gouvernement prévoit la suppression du financement de l'Etat.


BRASILIA - Le gouvernement fédéral prétend interrompre le financement de l'Etat et les incitations fiscales pour les entreprises qui utiliseront des travailleurs sous un régime analogue à l'esclavage. Le ministre de l'Intégration Nationale, Ciro Gomes, a affirmé hier qu'il va publier un arrêté définissant les critères pour que les fonds constitutionnels du Centre - Ouest, du Nord et du Nord - Est puissent être suspendus.
D'après Ciro, dans le cas où les entreprises ont déjà reçu une partie de l'argent public, elles devront rembourser le Trésor Public.
La mesure complètera le Plan National pour l'Eradication du Travail Esclave, que le président Luiz Inacio Lula da Silva a lancé hier. Le plan prévoit aussi des modifications de la législation.
D'après Lula s'il y a la volonté politique et la détermination dans sa gestion, il sera possible d'en finir avec le travail esclave dans les quatre prochaines années. L'estimation du gouvernement est qu'il y a près de 25 000 travailleurs sous le régime de l'esclavage dans le pays. Beaucoup plus qu'une loi, il faut une disposition politique, transformer en une volonté de l'Etat l'éradication du travail esclave dans notre pays.
Le principal changement prévu dans la législation est l'approbation de la Proposition d'amendement constitutionnel (PEC) 438 / 01 qui permet au gouvernement d'exproprier, aux fins de réforme agraire, des terres où a été constaté l'emploi d'un travailleur esclave. Aujourd'hui, le gouvernement peut exproprier en indemnisant le propriétaire pour la perte du bien immobilier. La PEC a été approuvée par le Sénat et est en instance devant la Chambre des Députés.
Un autre changement est la modification en crime infamant de l'emploi ou de l'embauche de travailleurs sous le régime de l'esclavage. Avec le changement, dans le cas où un propriétaire sera pris en flagrant délit, il devra attendre son jugement en prison. S'il est condamné, les peines seront plus lourdes qu'aujourd'hui.
Le contrôle, fait par le Ministère du Travail, doit être étendu, d'après ce que préconise le plan. Le nombre de contrôleurs, d'équipements et de voitures sera augmenté. Aujourd'hui, il y a presque 3 200 contrôleurs assermentés dans le pays. L'idée du gouvernement est d'organiser un concours afin de pourvoir encore 500 nouveaux postes cette année.


Source : Gazeta do Povo, mercredi 12 mars 2003
Traduction : Jacqueline Porterie pour Autres Brésils