Expulsion de 2 000 familles à Osasco


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Près de 2 000 familles qui occupaient un terrain à Osasco (Etat de São Paulo) ont été expulsées jeudi 5 décembre dernier.
Ce terrain de 50 ha, se situant dans une zone proche d'un terrain de golf et de résidences de luxe, fonctionnait comme cimetière de carcasses de voitures avant d'être occupé le 27 juillet dernier (voir article du 01/08/2002)
par des familles de "sans toit".
Après des mois de négociations, la Coordination des sans-toit et le gouvernement de l'Etat de São Paulo se sont mis d'accord sur un départ pacifique des familles, avec le déplacement des occupants vers un autre terrain de l'état à Guarrulhos.
Le lundi 2 décembre, les sans toit ont réalisé une manifestation rassemblant 1000 personnes jusqu'au Palais des Bandeirantes*, siège du gouvernement de l'Etat de São Paulo. Ils ont été reçus et informés de leur expulsion le jeudi suivant. En forme de protestation, ils ont alors décidé de camper devant le Palais.
Jeudi matin, les sans-toit ont protesté contre le manque de transports adéquats pour leur déménagement. De gros tracteurs sont passés par dessus leurs barraques avant qu'ils n'aient le temps de retirer leurs affaires (voir photos).
Plus tard, arrivés devant le terrain où ils devaient être "relogés", la police municipale de Guarulhos, ville dirigée par le PT, a voulu les empêcher d'y entrer. Les policiers ont même creusé une tranchée pour les bloquer. Les familles ont attendu sous la pluie pendant deux heures, les biens qu'ils avaient réussi à sauver de l'ancien campement étant ainsi de nouveau malmenés.
Après intervention d'un officier judiciaire, le maire a finalement accepté de laisser entrer les familles sur ce nouveau terrain qui ne possède ni lumière, ni égoûts, ni eau.
(voir photos).
Il n'est pas interdit de croire que le gouverneur de l'Etat de São Paulo, Gerald Alckmin (PSDB), qui a pris la décision d'expulser ses familles pour les envoyer dans une municipalité PT qui ne l'avait pas demandé, ne l'a pas fait par hasard. Dans deux ans auront lieu les élections municipales à Guarulhos. La guerre électorale entre le PSDB et le PT, les deux partis maintenant les plus importants au Brésil, se fait ainsi au détriment des sans toit.


* Les bandeirantes étaient ces aventuriers qui ont élargi les frontières originelles du Brésil portugais au XVIè siècle. Ils étaient souvent à la fois chercheurs d'or et chasseurs d'esclaves.

Source : CMI-Brésil, 5 décembre 2002
Synthèse et traduction : G. da Costa