Crise de l'INCRA

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Depuis quelques jours, l'INCRA (Institut National de Colonisation et
de Réforme Agraire), organisme fédéral chargé de la mise en oeuvre des
projets de réforme agraire, est en crise.

Tout a commencé dans l'Etat du Rio Grande do Sul, haut lieu des luttes
paysannes, l'un des berceaux de la naissance du MST il y a 20 ans. Le
superintendant de l'INCRA a remis, fin avril, sa démission, l'expliquant par
la difficulté à obtenir des terres pour installer des familles de sans-terre
enregistrées dans l'Etat, le nombre réduit des fonctionnaires et
l'insuffisance de son budget, le plus faible des huit dernières années, de
1995 à 2002.


Sous le second mandat de F.H. Cardoso, en 2001, le budget
fédéral de l'INCRA avait été divisé par deux (-53%). A cela s'est ajoutée,
le 7 mai, l'entrée en grève des fonctionnaires eux-mêmes. Ils revendiquent
de meilleurs plans de carrière et une augmentation salariale de 127%.

Cette grève locale s'est très vite étendue à d'autres Etats : sur 29
superintendances de l'Incra, 18 étaient déjà en grève le 8 mai, et 6 autres
devaient suivre la semaine suivante. Sur 5 251 fonctionnaires, 4 739 étaient
ainsi recensés comme grévistes, dans 24 superintendances, en plus du siège
de Brasilia. Aussitôt, le président de l'INCRA, Rolf Hackbart, a présenté un
nouveau «plan de carrière» pour ces fonctionnaires : «nous avons besoin
d'eux pour réaliser notre Plan National de Réforme Agraire (PNRA)
» a-t-il
dit. Il propose donc des augmentations de 100% en moyenne, pouvant aller
jusqu'à 200% dans certains cas.

Le ministre du Développement agraire, Miguel Rossetto, a affirmé que
cette grève créait de «grandes difficultés» et «perturbait» le PNRA. D'ici
décembre 2004, le gouvernement Lula s'est engagé à installer 115.000
familles, dont 47.000 avant la fin juin. Au premier trimestre de cette
année, 11.000 ont été installées. L'année passée, Lula avait annoncé un
objectif de 60.000 familles : en fait ce fut 36.000.

La grève de l'INCRA met ainsi le palais présidentiel de Lula en état
d'alerte. Elle y est présentée comme portant atteinte à la réalisation de la
réforme agraire, au moment où il aurait désormais des ressources
budgétaires, des terres en réserve et tous les moyens pour remplir les
objectifs annoncés.


D'après : Folha de São Paulo et O Estado de São Paulo du 07/05/04.
Source : INFO terra, mensuel édité par Frères des Hommes - E-mail : fdh@fdh.org. Site : http://www.france-fdh.org