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Par Frei Betto |
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Il existe principalement trois concepts écologiques. Le premier est le fondamentaliste, dérivée d'une interprétation littérale du texte biblique et adoptée par le capitalisme : la nature est là pour qui veut s'y coucher et s'y rouler, pour couper les arbres, mettre le feu aux forêts, en profiter et, surtout, en extraire des bénéfices. C'est ce que pense Bush, qui se refuse à signer le Protocole de Kyoto ou un quelconque qutre traité exigeant la réduction de la pollution industrielle causée par les USA. Le deuxième est le concept que j'appellerai social-démocrate : lutter pour la défense des baleines, des dauphins, de la non pollution des rivières et des forêts. Mais la faim en Afrique, en Asie et en Amérique Latine, ça, ce n'est pas intéressant. La nature doit être traitée comme un sanctuaire. Mais l'animal-homme et l'animal-femme souffrant la faim, ce n'est pas notre problème. Le troisième, que je considère comme évangélique, empêche la séparation de l'être humain de la nature. Nous sommes la nature et il n'y arien que l'on ne fasse à la nature qui ne se répercute sur l'homme et la femme. Et il n'y a rien que nous nous fassions à nous-mêmes qui ne se répercute sur l'environnement. Celui qui a symbolisé cette unité au Brésil fut Chico Mendes, assassiné en 1988. Sa posture écologique est née de sa militance dans les Communautés Ecclésiastiques de Base de l'état de l'Acre, dans la CUT (Centrale Unie des Travailleurs) et au PT. En défendant l'Amazonie et en proposant une réserve extractiviste, il savait qu'en faisant cela, il évitait l'expansion des grandes propriétés terriennes dans la région. Il a réussi à empêcher la déforestation dans l'Acre, contrairement à ce qui s'est passé dans l'état de Rondônia. Il liait la défense de l'environnement à l'urgence de la réforme agraire dans notre pays. De tous les espèces vivantes, l'espèce humaine est la plus sacrée. Pourtant, on actionne le signal d'alarme pour alerter que, dans les 20 prochaines années, le sida tuera 70 millions de personnes dans le monde (20 millions jusqu'à aujourd'hui). Mais ce n'est pas le sida qui est la principale menace pour la vie humaine. C'est la faim, qui tue un enfant touts les trois secondes. Il faut préserver non seulement l'environnement, mais toute la planète, qui n'a pas encore la possiblité de trouver des ressources hors de ses frontières. Aussi, sans le partage des biens de la Terre et des fruits du travail humain, notre futur s'éloigne de plus en plus du Jardin d'Eden pour se rapprocher des cercles abyssaux de lucifer. En continuant au rythme actuel de pollution atmosphérique, sans oublier celle de l'eau, les générations à venir naîtront empoisonnées.
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