Le travail forcé doit être dénoncé

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Lundi 9 février, le président Lula a demandé aux Brésiliens de dénoncer les cas de travail forcé dans le pays et a promis un contrôle «très dur» de la part du gouvernement.


«Nous voulons que toute personne ayant connaissance de cas de travail forcé le communique au gouvernement, car nous devons mettre en prison les grands fermiers qui n'ont pas compris que l'esclavage a pris fin au Brésil», a dit Lula, dix jours après l'assassinat de trois inspecteurs du travail et de leur chauffeur dans une embuscade.

Les victimes, qui avaient reçu des menaces de mort, effectuaient une inspection sur le travail forcé dans l'intérieur de l'État du Minas Gerais (sud-est du Brésil).

«Je veux dire au peuple brésilien qu'il est honteux qu'en plein XXIè siècle nous débattions ici d'une chose qui a pris fin en 1888, avec la loi de l'abolition de l'esclavage», a souligné le président dans son programme hebdomadaire de radio. «Cela pourra durer un mois ou six mois mais nous arrêterons les assassins et les commanditaires de ces crimes».

En mars dernier, Lula a lancé un Plan national d'éradication du travail forcé dans le pays où 25 000 personnes sont soumises à ce type de tache, selon des estimations officielles.

En 2003, le gouvernement a libéré près de 5000 travailleurs-esclaves.

Le ministre des Droits de l'Homme, Nilmario Miranda, a déclaré «que les actions préventives seront intensifiées».

De nombreux inspecteurs du travail, syndicalistes ruraux ou avocats des Sans Terre reçoivent des menaces de mort et finissent parfois par se faire assassiner.

Samedi soir, un syndicaliste qui dirigeait un campement de paysans sans terre, Ribamar Francisco dos Santos, a encore été abattu par des tueurs dans le sud de l'État amazonien du Para.

Le 29 janvier, un autre syndicaliste, Ezequiel Nascimento, avait été exécuté à Redençao (même région). Le directeur de la Fédération des travailleurs agricoles du Para, Raimundo Borges et la direction de la Commission Pastorale de la Terre (CPT) ont indiqué que les syndicalistes recevaient des menaces de mort depuis 60 jours, émanant des grands propriétaires terriens de la région.

Source : AFP - lundi 9 février 2004