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Le 2 octobre 1992, 111 prisonniers furent assassinés par la Police
Militaire de São Paulo.
Le 2 octobre 2002 marque les 10 ans du plus grand massacre du système
carcéral brésilien. Ce jour-là, les troupes de la
Police Militaire de São Paulo ont envahi la Maison de Détention
du Carandiru pour réprimer le désordre résultant
d'un conflit entre prisonniers.
L'opération s'est soldée par 111 détenus assassinés.
Les prisonniers appartenaient tous au Pavillon 9 et attendaient leur jugement.
Des 111 victimes, 89 n'avaient pas encore été condamnées
et 51 avaient moins de 25 ans. L'assaut a été donné
sans sommation et sans tentative de discussion avec les détenus,
qui ne menaçaient pas de s'enfuir et qui commençaient à
jeter leurs couteaux par les fenêtres et à montrer des drapeaux
blancs.
Nombreux sont morts, tués dans leur cellule, alors qu'ils s'y étaient
réfugiés pour ne pas opposer de résistance. La plupart
des victimes ont reçu des balles dans le thorax et dans la tête.
Des rapports de 23 médecins légistes qui ont examiné
les corps des victimes relèvent 515 projectiles tirés. L'accès
des lieux aux civils a été interdit pendant toute l'opération
et les policiers ont demandé aux détenus d'empiler les corps
des morts, modifiant ainsi les lieux et détruisant des preuves.
L'enquête a montré que seulement 26 des détenus assassinés
l'ont été en dehors de leurs cellules, beaucoup étant
morts agenouillés voire même couchés.
Les autorités de l'Etat de São Paulo ont caché
le nombre de morts jusqu'au lendemain soir, pour cause d'élections
municipales. Trente minutes avant la clôture des urnes, la population
a été informée du massacre.
Le commandant de l'opération, le colonel Ubiratan Guimarães
a été jugé et condamné en première
instance à 632 années de prison (soit 6 ans par mort). "
Si j'avais voulu tuer, il y aurait eu plus de 111 morts "
a-t-il déclaré. L'ex-gouverneur Luiz Antonio Fleury Filho
a affirmé pendant le procès (juin 2001) que si c'était
à refaire, il redonnerai les mêmes ordres.
Le colonel attend le résultat de son appel en liberté. Dans
le pire des cas, il passera 30 ans en prison, peine maximum au Brésil.
Pour l'instant, il est candidat au poste de député fédéral.
Son numéro de candidat se passe de commentaires : 111 90.
Voir photos
(attention, elles peuvent choquer).
Source : CMI Brésil, 2 octobre 2002
Traduction et synthèse : G. da Costa
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