Une tentative de coup d’Etat

, par Maud Chirio

La procédure de destitution de la présidente Rousseff ne semble guère ressembler à un soulèvement contre la corruption. Mais plutôt à une manœuvre de la droite qui aimerait revenir aux affaires.

Des manifestants hostiles à la présidente Dilma Rousseff dans les rues de Rio, le 12 avril. Photo Ricardo Moraes. Reuters

Jusqu’il y a quinze jours, la presse internationale donnait de la crise politique au Brésil une lecture quasi univoque : la révélation de l’implication massive du Parti des travailleurs (PT) dans l’affaire de la Petrobras, qui atteindrait l’ex-président Lula lui-même, serait la cause de la tentative d’impeachment contre Dilma Rousseff. Leur trahison éthique et leur actuelle résistance politique leur seraient reprochées dans la rue par des millions de citoyens.

Ce récit, répété à l’envi par la grande presse brésilienne, a été entaché par le triste spectacle donné par les députés lors de leur approbation, le 17 avril, de la poursuite de l’impeachment. Défilant un par un au perchoir, ils ont dédié leur vote aux causes les plus variées, souvent personnelles ou religieuses ; l’un d’eux a rendu hommage à un tortionnaire de la dictature militaire responsable d’avoir défiguré Rousseff ; presque aucun n’a mentionné les motifs de l’impeachment.

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