Tupi or not to be

, par Eliane Brum

Au nom de Dieu et du New York Times, le conflit de l’impeachment et des Brésils.

Source : El País Brasil - 25 avril 2016
Traduction : Jeanne de Larrard
Relecture : Hélène Bréant

Par Eliane Brum, écrivaine, journaliste et documentariste

Le 17 avril 2016 a révélé que la crise actuelle n’est pas seulement une crise politique et économique, mais également une crise d’identité, d’éthique et d’esthétique. Les projecteurs braqués sur la Chambre des Députés, en direct à la télévision, ont mis l’horreur en lumière. Ils ont même mis l’horreur en lumière pour ceux qui soutenaient l’ouverture de la procédure d’impeachment de Dilma Roussef. Le lendemain, quelque chose de tout aussi révélateur s’est produit : le conflit a été déplacé en territoire « étranger ». Pas n’importe quel conflit : le conflit sur la façon de comment nommer ce qui s’est passé. Cette piste vaut la peine qu’on la suive.

La presse internationale pointe le Brésil du doigt et dit, avec certaines nuances, que le spectacle est ridicule, que ce qui s’est passé est un vrai cirque. La présidente Dilma Roussef et le PT (Parti des Travailleurs [1]) vont débattre à l’étranger du nom de la chose : c’est un coup d’État. Le président de la Chambre des Députés, Eduardo Cunha (PMDB – Parti du Mouvement Démocratique Brésilien [2] ) dépêche deux envoyés spéciaux pour promouvoir un autre discours : l’impeachment est légitime, les institutions brésiliennes fonctionnent, le cadre juridique est respecté. Des voix s’élèvent pour accuser Dilma Roussef d’exposer le Brésil à « l’extérieur », portant préjudice à l’image du pays, le réduisant à une « mini-république bananière »). A l’ONU, Dilma rebrousse chemin devant le terme de coup d’État et choisit pour s’exprimer officiellement un autre mot qui ne constitue en rien une violation : « recul ». Ce n’est pas là que se situe le différend. La guerre se place sur le territoire des narrateurs. Et les narrateurs contemporains se trouvent (encore) en grande partie dans la presse.

Le différend de l’impeachment a approfondi ce qui avait déjà été exposé lors des manifestations de 2013 : la crise de la presse brésilienne n’est pas seulement celle d’un modèle économique, c’est une crise de crédibilité. Comme pour les partis politiques, la crise de la presse est également une crise de la représentation, puisque des franges significatives de la population ne se reconnaissent pas dans ses récits. Dans cette perspective, le regard de l’autre, ici représenté par la presse internationale, nous ramène à quelque chose sans quoi le journalisme n’est pas : il nous ramène à la stupéfaction, point de départ de celui qui veut déchiffrer le monde qu’il voit.

Ainsi, à partir de la stupéfaction, il cherche à comprendre comment une présidente démocratiquement élue avec 54 millions de voix assiste, sans qu’un crime de responsabilité ait été prouvé, à l’ouverture de son procès en impeachment dirigé par un homme mis en cause par la Cour Fédérale Suprême [3], dans une Chambre dans laquelle une partie des députés fait l’objet d’enquêtes judiciaires pour des crimes qui vont de la corruption au recours au travail esclavagiste, le tout en un spectacle dont le grotesque dévoile les fractures historiques du pays.

Le récit construit par une partie de la presse brésilienne sur l’épisode le plus complexe de l’histoire récente du pays, la manière dont cette fraction des médias joue un rôle de protagoniste, ainsi que les conséquences de cette comédie, méritent toute notre attention. Ce thème nourrira de nombreux livres potentiels, les interrogations surgissant depuis peu. Dans cet article, cependant, je veux suivre une autre piste, que je considère trop fascinante pour qu’on la perde de vue. Il ne s’agit pas non plus d’analyser ce que la presse d’autres pays a dit de facto – et qui est loin d’être homogène comme on veut le faire croire. Il ne s’agit pas ici « d’eux » mais de « nous ».

La piste sur laquelle j’enquête ici part de l’interrogation sur ce que signifie élever le débat narratif au territoire symbolique du grand « autre », « l’étranger ». Et pas de n’importe quel étranger, mais celui qui parle principalement anglais, et ensuite allemand, français et espagnol (d’Espagne, pas d’Amérique Latine). Et ce que signifie de donner à cette entité appelée « presse étrangère », la parole pour nommer ce qui s’est passé – ou se passe – au Brésil.

Quelle est l’horreur, cette horreur qui nous poursuit depuis le dimanche 17 avril ? L’horreur est l’impossibilité du mot. L’horreur est aussi une enfance qui ne se termine jamais. Il est tout sauf banal qu’en l’un des moments les plus riches de sens de l’histoire récente, les mots nous manquent pour raconter le Brésil. En partie parce qu’ils ont été barrés par les murs érigés par les deux camps, interdisant le dialogue. Et les mots qui ne traversent pas produisent du silence. En partie parce que les mots ont été déformés, violés, vidés de leur substance, jusqu’à l’extinction.

Mais cela va encore plus loin. Il est tout sauf banal que les mots qui manquent soient cherchés ailleurs. En effet, si nous n’arrivons pas à construire notre récit en notre propre nom, comment construire un pays ?

C’est là que se situe l’abîme, comme le savaient déjà les modernistes de 1922 [4]. Ou plutôt, cela constitue encore l’abîme. Qu’il le constitue encore va exiger que nous nous attelions à la tâche impérative de trouver les mots qui nous manquent. Ou de les inventer. Pas dans la langue de Camões [5], mais « dans les langues qui fauchent celle de Camões », comme l’a chanté Caetano Veloso.

Il est bien révélateur qu’au lieu de cela, pour désigner la chose qui se passe ici, nous nous lancions à la recherche de ce que l’autre nomme. Maintenant, c’est moins l’Europe que les États-Unis, c’est moins Paris que New-York, c’est moins Le Monde que le New York Times. Comme si face à ce spectacle, pour décrypter la situation, nous n’étions pas encore capables de parler en notre propre nom.

Et ici, il faut toujours le souligner, il ne s’agit pas d’une invocation des nationalismes ou des purismes sur le modèle d’Aldo Rebelo [6]. C’est tout le contraire. L’autre, quel qu’il soit, peut et doit parler de nous. Il est important qu’il parle. Mais la question ici est tout autre : pourquoi lui déléguons-nous les termes que nous sommes incapables de trouver – ou de créer ? Cela en dit long sur le jeu même d’identité/désidentité essentiel à la construction d’une personne – et aussi d’un pays - et à quel point cela constitue la racine de la crise.

Le Brésil, celui qui naît de l’invasion des Européens et qui ouvre le bal du génocide indigène, précédant celui des Noirs réduits en esclavage – les deux se poursuivant encore aujourd’hui, rappelons-le –, naît avec la lettre du Portugais Pero Vaz de Caminha. Une partie de notre trajectoire est contée à travers le regard de voyageurs notables, à l’instar du Français Auguste de Saint-Hilaire. Ce qui se dit du Brésil, et qui en conséquence en constitue le récit, est dit en langue étrangère, comme pour tout pays qui naît de l’usurpation du corps d’un autre.

Le Brésil, étranger à lui-même - puisque ce qui existait ici en 1500 n’était pas le Brésil, est façonné par conflit, la domination et l’extermination qui s’expriment également dans la construction de la langue. La langue portugaise, bien qu’elle ait été imposée en même temps que ses locuteurs, a été intégrée par les envahis et par les esclaves. Ou plutôt, par les langues indigènes d’abord, par les langues africaines ensuite. S’il n’y avait pas eu cette contre-invasion par les mots et la résistance des envahis et des esclaves, le Brésil n’existerait pas en son nom propre. La vie des morts persiste et résiste dans les courbes du corps de la langue portugaise.

Cette construction est un champ de conflits permanent. Il suffit de se souvenir des batailles menées ces dernières années entre telle norme du portugais standard et les variations du portugais brésilien, considérées par les élites comme indésirables et mineures – des « erreurs ». Il suffit d’écouter les langues créées dans les périphéries urbaines et dans la forêt amazonienne, les langues vivantes qui se disputent le nom propre de Brésil. Peut-être que « notre plus fidèle traduction » réside dans le fait que le débat sur le récit de ce qui se passe ici, ou sur le nom de la chose qui s’y passe, soit élevé à la langue de l’ « étranger ».

Il y a de nombreuses raisons et significations. Mais peut-être qu’il existe aussi une certaine nostalgie du colonisateur. Une quête de paternité. Ou d’autorité. Dites-nous, vous qui savez, ce qui se passe ici. Donnez-nous un nom.

Nos élites, comme chacun sait, sont serviles. Avant elles courtisaient la France, maintenant c’est tout en anglais. Américain, de préférence. Les Etats-Unis incarnent la colonie qui a réussi à se transformer en métropole et, in fine, en grande puissance mondiale. Qu’une partie de la presse et des élites soit aujourd’hui humiliée en anglais constitue une ironie des plus intéressantes.

Avec l’arrivée de Lula au pouvoir – le premier président qui n’appartenait pas aux élites – les attentes de certains, parmi lesquels je m’inclus, se plaçaient dans la fondation d’une nouvelle idée du pays. Autrement dit : que le Brésil soit moins imitateur et davantage créateur. Y compris dans l’économie.

Eduardo Viveiros de Castro [7] a subtilement dégagé cette perspective lors d’un entretien accordé à Outras Palavras [8] en 2012, quand on savait déjà que cette possibilité avait fait long feu, du moins pour le gouvernement Lula : « Je pense, de toute façon, que l’on doit insister sur l’idée que le Brésil a – ou, à cette heure, aurait – les moyens écologiques, géographiques, culturels pour développer un nouveau style de civilisation qui ne soit pas une copie appauvrie du modèle américain et nord-européen. Nous pourrions commencer à expérimenter, même timidement, un type d’alternative aux paradigmes technico-économiques développés en Europe moderne. Mais j’imagine que, si un pays au monde finira par le faire, ce sera la Chine. Il est vrai que les Chinois ont 5000 ans d’histoire culturelle quasi-continue, quand nous n’avons à offrir que 500 ans de domination européenne ainsi qu’une triste histoire d’ethnocide, délibéré ou non. Tout de même, le manque d’inventivité de la société brésilienne est inexcusable, du moins de la part de ses élites politiques et intellectuelles qui ont perdu de nombreuses occasions de s’inspirer de solutions socioculturelles que les peuples brésiliens ont présentées par le passé, et d’ainsi articuler les conditions d’une civilisation brésilienne a minima différente des publicités télévisées ».

Lula - nul ne l’ignore - a adopté un modèle de développement qui tournait le dos au défi majeur de ce moment historique, à savoir le changement climatique. Et Dilma Roussef s’est révélée comme une gouvernante dont la pensée est restée figée au XXe siècle, voire parfois au XIXe. Mais c’est encore dans la production symbolique qu’il est très clair qu’il s’agissait encore de « vaincre » dans le camp de l’autre. Ou d’être reconnu « par les grands » – « par les adultes ».

Quand Lula a terminé son second mandat, il a été applaudi en Europe et aux Etats-Unis, perçu comme celui qui a permis à des dizaines de millions de Brésiliens d’accéder au monde de la consommation. L’ « invention » du Brésil était vraiment intéressante : sortir les gens de la pauvreté sans toucher à la rente des plus riches. Avec ce miracle made in Brazil, Lula ne pourrait être que « l’homme d’Obama ». « This is my man, right there, I love this guy », a dit le président américain en 2009. « The most popular politician on Earth ».

Pendant toute cette fête, on a dissimulé le fait que cette « magie » obéissait en réalité à une vieille recette : l’exportation de matières-premières, comme le Brésil l’a toujours fait. On oubliait aussi de dire que cette « création » s’appuyait sur la destruction de l’environnement, comme toujours depuis 1500. La nouveauté n’était pas si nouvelle. Alors, rapidement, l’enchantement s’est fané et les plus riches, dont la rente n’avait jamais été remise en cause par le PT, se retournèrent contre Dilma Roussef.

Le destinataire de la production de nos symboles se révèle dans le choix des événements qui devraient montrer, de façon définitive, que l’éternel pays du futur est finalement arrivé à un présent glorieux. Deux événements internationaux, deux vitrines du Brésil pour le monde : la Coupe du Monde de 2014 et les Jeux Olympiques (JO) de 2016.

Dans ce récit, il y a un sujet qui demeure confus. Un sujet soumis. Quand on joue dans le camp de l’autre, selon les règles de l’autre, on perd 7 à 1. Les JO sont assombris par un moustique, archaïque scélérat qui rouvre de vieilles plaies comme le manque d’installations sanitaires. Et la nouvelle piste cyclable de Rio qui s’écroule en tuant deux personnes, le jour-même où la flamme olympique est allumée en Grèce. La construction, autant symbolique que concrète, ne s’arrête pas. Lost in translation.

On sera toujours lost in translation tant qu’on ne trouvera pas notre propre nom. Tant que le Brésil ne parlera pas en son propre nom. Tant que le Brésil continuera d’insister pour être découvert alors que ce dont il a besoin est de s’inventer. Cette réalité constitue le scénario de l’extraordinaire pièce de théâtre de Felipe Hirsch et Os Ultralíricos, La Tragédie Latino-Américaine, dans laquelle les quartiers sont construits pour s’effondrer, puis pour être réarrangés et pour se transformer rapidement à nouveau en ruines, pour qu’ensuite tout soit encore reconstruit, pour s’écrouler à nouveau, et à nouveau, et à nouveau…

A propos de ces édifices en permanente construction et dissolution, Pero Vaz de Caminha récite son laïus, désormais narré par l’écrivain Reinaldo Moraes dans une prose inventive. Pour parodier le Portugais, le Brésilien envahit la langue de l’envahisseur.

« Ainsi, disais-je, avant même que quelqu’un ait le temps de dire suce !, nous nous jetions à la gorge de ces femelles-nature, comme des sangliers bouillant d’un désir animal réprimé, et là elles ont vu de quel bois on se chauffait. Parfois, quand pour une raison ou pour une autre, elles ne voulaient plus que leurs orifices soient brutalement fréquentés par nos nobles personnes, on leur filait quelques coups de poing, histoire qu’elles ferment leurs gueules, et on leur envoyait et renvoyait l’artillerie lourde, roustes dans la moule et pilon dans la cramouille ! Putain, c’était la belle vie. » [9]

Créer ce que l’on pourrait appeler un « en son propre nom » a été le défi des principaux mouvements culturels du XXe siècle, des modernistes de 1922 au Cinema Novo [10] et au Tropicalisme [11]. Ce n’est pas une coïncidence si tous ces mouvements ont été interrompus par des dictatures. En 2013, le « nouveau » est revenu occuper les rues avec force, pour être rapidement réprimé par les gaz lacrymogènes de la Police Militaire et par la violence du terme « vandales », utilisé par la presse conservatrice pour réduire au silence ce qu’elle n’était pas capable d’entendre ni d’interpréter.

C’est encore de 2013 qu’il s’agit aujourd’hui – et ce n’est pas terminé. Il s’agit encore de ce qui ne peut être contenu, de ce qui revendique de nouveaux mots pour être énoncé. Pas en un discours, comme dans les mouvements de la modernité, mais comme par fragments, ou à travers un discours contre-discours, en ce qui est notre principale apparition esthétique de la post-modernité.

Le Brésil n’est pas une patrie ni une matrie, mais une phratrie [12], comme l’a chanté Caetano. Pour trouver les mots à même de construire le récit contemporain, il faut regarder Oswald de Andrade, Villa-Lobos, Glauber Rocha, Zé Celso Martinez Corrêa, Davi Kopanawa et Ailton Krenak, Mano Brown et Emicida, Eliakin et Rufino, Sérgio Vaz, Laerte, Mundano. Ils sont si nombreux. Regarder aussi du côté du perspectivisme amérindien d’Eduardo Viveiros de Castro. De la littérature de Carolina Maria de Jesus. De la Commission de la Vérité [13]. Celle des crimes de la dictature. Et celle des crimes de la démocratie.

Il faut regarder en direction du funk de celles qui ne sont pas discrètes et qui dirigent leur propre foyer [14]. Regarder les familles composées de deux hommes, sans femme, et celles qui comptent une femme et une autre femme, ou encore celles qui ont deux parrains et aucune marraine, et celles qui ne comptent qu’une femme. Regarder les femmes qui ont été des hommes. Regarder les dieux qui se refusent à être les victimes des combines du micro du parlement [15].

Pour refonder le Brésil, il faut se rendre compte que les périphéries en constituent le centre. Que notre capitale symbolique n’est pas São Paulo, mais Altamira [16].

Il est inévitable de se souvenir de Terra em Transe (Terre en transe, 1967), le film de Glauber Rocha.

Après avoir découvert que les paroles sont inutiles, le journaliste dit :


– Ce n’est pas possible, cette fête des drapeaux, qui met la guerre et le Christ au même niveau. Je ne crois pas en la puissance de la foi, je ne crois pas en l’ingénuité de la foi. (…) Nous n’assumons pas notre violence, nous n’assumons pas nos idées ni la haine des barbares endormis que nous sommes. Nous n’assumons pas notre passé. (…) Je ne peux pas croire que tout ceci est vrai… Jusqu’à quand allons-nous supporter tout ça, jusqu’à quand, au-delà de la foi et de l’espérance, allons-nous supporter tout ça…

Le politique corrompu dit :

– Vous apprendrez ! Vous apprendrez ! Je donnerai un nom à cette terre. Je remettrai en ordre ces traditions hystériques. Par la force. Par l’amour de la force. Par l’harmonie universelle des enfers, nous parviendrons à une civilisation !

Que faire, face à l’horreur ? Reprendre la parole, celle qui traverse les murs. Affronter le défi de construire un récit, nécessairement polyphonique, sur le moment présent et dans tous les espaces. Sans éviter les contradictions – stratégie qui permettrait d’empêcher que celles-ci n’entachent la limpidité du discours. Au contraire. En les embrassant, parce que ce sont elles qui créent le discours.

Le nom de la chose est le mot que nous avons besoin de trouver pour inventer le Brésil.

Notes de la traduction

[1Partido dos Trabalhadores.

[2Partido do Movimento Democrárico Brasileiro, centre-droite

[3Supremo Tribunal Federal

[4Le Modernisme de 1922 désigne un vaste mouvement culturel, principalement dans les domaines de la littérature et des arts-plastiques, qui a fondamentalement transformé la scène artistique brésilienne. Les modernistes ont cherché à s’affranchir de l’influence culturelle européenne, en quête de la brésilianité.

[5Luís de Camões, grand poète portugais du XVIe siècle.

[6Homme politique brésilien, membre du PCdoB (Parti Communiste), connu pour ses positions nationalistes.

[7Anthropologue, proche de Levi Strauss.

[8Important site d’information brésilien, dans la catégorie des « médias libres »

[9Du portugais : “Antão dizia eu que antes de alguém ter tempo de dizer chupa ! já saltávamos aos cangotes daquelas fêmeas naturaes, feitos javalis resfolegantes de animalesco e represado d’sejo, e elas viram o que era bom pa tosse, pá. E às vezes que por qualquer razão já não queriam mais ter seus urifícios frequentados brutalmente pela nossa nobre gente, dávamos-lhes uns cascudos, mor d’elas calarem as matracas, e nelas mandávamos grosso fumo, pá, refodidas vezes, e era pimba na pombinha e peroba na peladinha ! Aquilo era um vidão, pá”.

[10Mouvement cinématographique des années 1950 et 1960, qui s’inspire de la Nouvelle Vague française pour chercher la singularité du cinéma brésilien. Glauber Rocha, Carlos Diegues et Nelson Perreira dos Santos sont quelques grands noms de ce mouvement qui a profondément marqué le cinéma brésilien.

[11Le tropicalisme est un mouvement musical, à forte empreinte politique, né en 1967 à la suite du coup d’état de 1964, qui contestait le nationalisme, incorporant le courant hippie à la réalité brésilienne. Chico Buarque, Jorge Ben, Os Mutantes ou encore Caetano Veloso se sont inscrits dans ce mouvement.

[12A ne pas confondre avec fratrie, une « phratrie » désigne un groupe, dans une société non-industrielle, formé par la réunion de deux ou plusieurs clans au sein d’une tribu, dont les membres se considèrent comme liés par une filiation de type unilinéaire, ce qui entraîne l’obligation de l’exogamie (mariage entre divers clans).

[13La Comissão da Verdade (qui s’inscrit dans une promesse de campagne de Dilma Rousseff qui s’est engagée dans un travail de mémoire et de justice de la dictature) s’est ouverte en 2012, et avait pour finalité d’établir de graves violations aux Droits de l’Homme qui se sont produites entre 1946 et 1988. Cette commission a été menée par l’État et non par la justice : c’était un travail de mémoire, de pédagogie. La commission a clôturé ses activités en décembre 2014 et a rendu un rapport dans lequel elle a reconnu que les crimes perpétrés pendant cette période constituent des crimes contre l’humanité. Le symbole est très fort, cependant les bourreaux n’ont toujours pas été jugés, la loi d’Amnistie de 1979 continuant de les protéger.

[14Référence à une toute récente polémique : la revue ultra-conservatrice Veja a qualifié Marcela Temer, femme du vice-président Michel Temer, de « bela, recatada e do lar » (belle, discrète et femme au foyer). Des milliers (des millions peut-être ?) de Brésiliennes ont immédiatement posté sur internet des photos d’elles à l’antagonisme de cette représentation machiste de la femme, accompagnées du #belarecatadaedolar

[15Référence aux discours des parlementaires lors du vote pour la destitution de Dilma Roussef, le 17 avril : quand le crime de responsabilité qui motiverait l’impeachment n’a été invoqué par aucun des députés, ils ont été très nombreux à voter oui « au nom de Dieu ».

[16Altamira est une petite ville de l’Etat du Pará, dans la région Nord du Brésil.

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