Programmation Brésil en Mouvements 2017

, par Autres Brésils

Vous pouvez réservez vos places dès maintenant en cliquant ici !

Le cinéma documentaire devient un cinéma d’urgence

Tandis que se prépare la 13ème édition de Brésil en Mouvements, le coup d’État juridico-parlementaire qui a destitué la présidente démocratiquement élue Dilma Rousseff en 2016 se consolide. Au Brésil, la chasse aux droits civils et humains se joue sous la façade d’une démocratie qui n’est plus. La res publica appartient plus que jamais à une élite socio-économique néolibérale corrompue. Or, dans sa porno-politique, elle n’hésite pas non plus à s’ouvrir aux intérêts du capital étranger. À l’intérieur d’un courant mondial, la banalisation des idées et des discours extrêmes renforce cette politique de violence d’État – ou la violence comme politique. Les droits des minorités sont gravement menacés. Machisme, homophobie, racisme, les discriminations se rejoignent et s’accumulent.

L’existence des peuples autochtone du Brésil est en péril – le nombre d’actions violentes (menaces, invasions, tortures, massacres) menées par les propriétaires de l’agro-business et de l’exploitation des mines s’accroît avec un soutien silencieux des pouvoirs publics locaux voire fédéraux.

Dans ce contexte, le cinéma documentaire devient un cinéma d’urgence.

Brésil en Mouvements 2017 c’est, cette année encore...

5 jours pour partager un autre regard sur le Brésil,

5 jours pour découvrir des films documentaires engagés,

5 jours pour échanger et débattre ensemble !

C’est l’occasion de découvrir une programmation documentaire récente et en grande partie inédite sur des thèmes variés. Sur près 100 films reçus, la commission de programmation vous propose de découvrir les 18 films sélectionnés à travers la bande-annonce du festival :

Ainsi, l’édition 2017 de Brésil en Mouvements rassemble des films qui transforment le cinéma du réel en cinéma d’urgence, à la fois dans sa forme et dans son contenu. Que peut le cinéma ? Comment pouvons nous découvrir et réinventer la résistance à partir des images ?

Exister et résister en tant qu’association est de plus en plus difficile. Actuellement, réaliser Brésil en Mouvements, festival indépendant, est donc en soi un acte de résistance que nous vous invitons à soutenir. Aidez-nous à maintenir cet espace de projections, de réflexions et de rencontres constructives !

Soutenez le festival Brésil en Mouvements en cliquant ici !

Soirée d’ouverture le 27 septembre : Martírio (Carelli)

  • 18h00 - 19h30 : Buffet d’ouverture et vernissage de l’exposition
  • 19h30 - 23h30 : projection du film Martírio suivi d’une rencontre avec son réalisateur Vincent Carelli

Dans ce contexte, Brésil en Mouvements s’ouvre avec Martírio (Martyre, 2016) sous le parrainage de son réalisateur, Vincent Carelli. Suite à Corumbiara (2009), Carelli, avec Ernesto de Carvalho et Tita Almeida, narre la lutte des Guarani-Kaiowá depuis la fin des années 1980, les premières années de la re-démocratisation au Brésil. Ce film-monument est urgent. Il constitue une vraie profession de foi dans le pouvoir du cinéma.

Pour cette soirée d’ouverture, nous vous attendrons dès 18 heures avec denrées et cocktails aux influences brésiliennes : bolinhos de bacalhau, risoles de camarāo, caipirinhas, etc. Un stand de produits Guayapi sera également à votre disposition.

Vous pourrez apprécier l’exposition du photographe brésilien Francis Azevedo qui parcourut la place de la république lors de l’occupation Nuit Debout en 2016.

Pour parfaire votre connaissance de la société brésilienne et de sa littérature riche, les éditions Anacaona vous proposeront une sélection d’ouvrages sur leur stand.

Détails du film :
Martírio (Martyre)
Réalisation : Vincent Carelli, Ernesto de Carvalho, Tatiana Almeida
2016 – 2h40 – VOSTFR

Résumé : Quand en 1988, Vincent Carelli filmait la lutte des Guarani-Kaiowa pour la restitution de leurs terres, il ignorait que, vingt ans plus tard, la violence se serait aggravée et que les droits acquis seraient menacés sous la pression des lobbys de l’agro-business. De retour avec ses collaborateurs Ernesto et Tita, il fouille l’histoire coloniale. Il suit les débats judiciaires et politiques dans lesquels la Funai, organisme gouvernemental créé pour mettre en œuvre les politiques relatives aux indigènes, se trouve prise en tenaille. L’anime surtout une fidélité à ces communautés rétrécies, à leurs rituels, à leur mode de vie. La persévérance des réalisateurs est une ode à cette résistance endurante et non-violente.

Combat des peuples autochtones au coeur du festival : 4 séances engagées

  • Mercredi 27 septembre : Martírio
  • Jeudi 28 septembre à 18h pour une session Vídeo nas Aldeias
  • Samedi 30 septembre à 15h30 : Grin, Konãgxeka dilúvio maxakali, Índios no poder et Aldeia do Saber
  • Samedi 30 septembre à 17h30 : Abigail et Ava Yvy Vera

L’important combat des peuples autochtones au Brésil sera au coeur du Festival Brésil en Mouvements 2017 ! Venez dénoncer le génocide des Guarani-Kaiowá victimes de l’agro-business ; suivre les Ava, "descendants du coeur de la terre" ; écouter la mémoire et les légendes Maxakali et vous instruire sur les bancs des écoles des Tapebas !

Jeudi 28 septembre à 18h nous vous proposons une séance intitulée "Terres Sacrées" :
* Abigail
(Film sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs 2016)
Réalisation : Isabel Penoni, Valentina Homem
2016 – 17min – VOSTFR
Abigail joint les points d’une carte humaine qui relie les cultures des Amérindiens et les religions afro-brésiliennes. Le revers de l’envers, une maison ouverte aux mémoires presque éteintes.

* Ava Yvy Vera
Réalisation : Genito Gomes, Valmir Gonçalves Cabreira, Jhonn Nara Gomes, Jhonatan Gomes, Edina Ximenez, Dulcídio Gomes, Sarah Brites, Joilson Brite
2016 – 54’ – VOSTFR
« Ici se trouve le cœur de la terre. Nous luttons pour le cœur de la terre, ce territoire. Nous luttons non seulement pour ce morceau de terre mais aussi pour tous les territoires du cœur de la terre. C’est notre foyer. Nous, les Ava, sommes les descendants du cœur de la terre. » (Valdomiro Flores, Tekoha Guaiviry)

1 court et un moyen-métrage, 2 regards pour aborder l’occupation d’un espace et le rapport de l’indigène avec celui-ci. Une silencieuse errance sur des lieux chargés d’histoires.

Samedi 30 septembre, à 15h30, la séance "Transmission et mémoire autochtone" vous fera découvrir 4 films inédits :

* Konãgxeka : Dilúvio Maxakali (Grande eau : le Déluge Maxakali)
Réalisation : Charles Bicalho, Isael Maxakali
2016 – 13 min – animation – VOSTFR
Il s’agit de la version Maxakali de l’histoire du Déluge. Pour punir l’égoïsme et l’avidité des hommes, les esprits Yãmîy déclenchent la Konãgxeka, qui signifie « grande eau » en langage Maxakali.

* Grin
Réalisation : Roney Freitas, Isael Maxakali
2016 – 41min – VOSTFR
Un cinéaste Maxakali retrouve les souvenirs de la formation de la Garde Rurale Indigène durant la Dictature Militaire, avec les récits des violences subies par sa famille.

* Indios No Poder (Indiens au pouvoir)
Réalisation : Rodrigo Arajeju
2015 – 20min – VOSTFR
Mario Juruna, unique indien parlementaire de l’histoire du pays, n’est pas réélu à l’Assemblée. Sans représentant au Congrès National depuis la re-démocratisation, les Nations Indigènes souffrent d’attaques contre leurs droits constitutionnels par la Bancada Ruralista. Le cacique Ládio Veron, fils d’un leader Guarani Kaiowa assassiné dans sa lutte pour la terre, devient alors candidat au poste de député fédéral pour les élections de 2014.

* Aldeia Do Saber (Village de la connaissance)
Réalisation : Marcelo Alves, Vinicius Augusto Bozzo, Ângela Gurgel 2017 – 25min – VOSTFR
Dans les années 1990, la tribu Tapeba crée une école sous un arbre de noix de cajou. L’école grandit. Aujourd’hui, elle a pour but de préserver les coutumes indigènes, le contact avec la nature, la culture et les rituels liés aux activités de la tribu.

Samedi 30 septembre à 17h30, rendez-vous pour la séance "Video nas aldeias"

Cette séance du festival Brésil en Mouvements vous propose de (re)découvrir le projet Vídeo nas aldeias fondé en 1986 par Vincent Carelli : permettre aux peuples autochtones de réaliser leurs films de manière indépendante pour transmettre leurs cultures, dénoncer les attaques dont ils sont victimes, témoigner, raconter, résister... Ce projet est aujourd’hui gravement menacé et nous lui apportons tout notre soutien.

Plus d’infos sur le projet en cliquant ici !

La séance sera suivie d’un apéro musical avec la présence du chanteur guitariste Francis Brasilis.

Des thématiques sociales urgentes : droits des femmes et des LGBT

  • Jeudi 28 septembre à 20h : La Ville du futur + débat sur les jeunes LGBT entre errances et précarité
  • Vendredi 29 septembre à 17h30  : Films des Ateliers Varan : femmes de Recife
  • Vendredi 29 septembre à 20h  : Visages du Harcèlement + débat sur les violences faites aux femmes

Jeudi 28 septembre, venez assister à la première soirée-débat du festival intitulée "Identités sexuelles"

Vous pourrez y découvrir le film :

* A Cidade Do Futuro (La Ville du Futur)
Réalisation : Cláudio Marques
2016 – 1h15 – VOSTFR
Milla, Gilmar et Igor ont formé une famille hors-norme à Serra do Ramalho, dans le Sertão de Bahia.

La projection sera suivie d’un débat autour des "jeunes LGBT : entre errances et précarités" avec plusieurs intervenants, notamment Luis Rivera Velez (chercheur) et Yuki de l’association MAG jeunes LGBT ainsi qu’un.e intervenant.e du Refuge.

Vendredi 29 septembre à 17h30, venez rencontrer des personnages féminins hauts en couleur dans les rues de Recife !

Nous vous proposons de découvrir 3 films réalisés lors d’un atelier de la grande école de documentaire, Les Ateliers Varan !

* Aquela Travessia / Une traversée
Réalisation : Catharine Maria Pinto Pimentel
2016 – 33min environ – VOSTFR
Malgré une vie difficile et un passé violent, Raquel continue de chercher l’amour, obstinément.

* Do Mar Pra Cá / Derrière la plage
Réalisation : Carolina Oliveira de Souza Simplício
2016 – 27min environ – VOSTFR
Entre la plage de Boa Viagem où elle travaille et la favela de Entra Apulso où elle vit, la pétillante Maroca a trouvé son art de vivre.

* Dibuiar / Quand on trie
Réalisation : Thor de Moraes Neukranz
2016 – 33 min – VOSTFR
Dona Lindinalva, Ana Paula et Negra collectaient les déchets. Aujourd’hui elles travaillent dans une coopérative. Mais il n’est pas si facile de travailler ensemble…

La projection sera suivie d’une rencontre avec les Ateliers Varan et une discussion avec Mariana Otero, réalisatrice et formatrice.

Pour en savoir plus sur les Ateliers Varan et ces films tournés à Recife, n’hésitez pas à faire un tour sur leur site internet en cliquant ici !

Dénoncer les violences envers les femmes sera au coeur de la troisième soirée du festival Brésil en Mouvements, vendredi 29 septembre à 20h, une séance intitulée "Quand les femmes parlent".

Nous vous y proposerons la projection du film :
* Precisamos Falar do Assédio (Visages du Harcèlement)
Réalisation : Paula Sacchetta
2016 – 1h20 environ - VOSTFR
Une caravane stationnée dans différents endroits de São Paulo et Rio de Janeiro collecte les témoignages de femmes victimes d’agressions pour leur redonner un espace de parole et de pouvoir. Seules face à la caméra, sans journaliste pour les diriger ou pour leur faire dire des choses en particulier, elles s’expriment comme elles le souhaitent, visage découvert ou masqué, et reprennent un espace de pouvoir à travers leur parole. Ce projet filmé, c’est 140 femmes de 15 à 84 ans qui brisent le silence et qui se réapproprient l’espace. C’est la porte ouverte à d’autres projets de ce type dans le monde entier.

Plus d’informations sur le projet ici : https://precisamosfalardoassedio.com/

La projection sera suivie d’un débat sur comment dénoncer les violences faites aux femmes, auquel participeront notamment le Planning Familial et Libres Terres des Femmes. La modération sera assurée par Erika Campelo, d’Autres Brésils.

Dans une société marquée par le patriarcat, lutter contre les violences faites aux femmes nécessite de remettre en question les stéréotypes et la structure sociale même. Comment lutter au quotidien et éduquer les générations futures pour tenter de prévenir ces violences ? Dans quels espaces et comment libérer la parole pour sortir la violence de la sphère intime et en faire un enjeu social et politique ?

Résistances politiques : (ré)écriture de l’Histoire et du pouvoir

  • Samedi 30 septembre à 20h45 : Sexes, Prêches et Politique
  • Dimanche 01 octobre à 16h : Résistance et En mission, avec Kadu
  • Dimanche 01 octobre à 18h : Débat sur la situation politique actuelle
  • Dimanche 01 octobre à 20h30 : Histoire que notre cinéma racontait (jamais)
  • Hors les murs le 14 octobre à 20h : Lutte comme une fille

Samedi 30 septembre à 20h45, nous vous proposons une plongée dans l’ultra-conservatisme brésilien...

* SEXO, POLÍTICA, PREGAÇÕES (Sexe, Prêches et Politique)
Réalisation : Aude Chevalier-Beaumel, Michael Gimenez
2016 – 72min – VOSTFR
Le Brésil vend l’image d’une sexualité libérée, mais les femmes y meurent du fait de l’interdiction de l’avortement et l’homophobie y est la plus mortelle au monde. Ce paradoxe révèle la montée de l’ultra-conservatisme et de la religion dans la politique.

Dimanche 01 octobre à 16h, deux films réinventent la résistance :

* RESISTÊNCIA (Résistance)
Réalisation : Eliza Capai
2017 – 55min– VOSTFR
Accompagnant les occupations des lycées et des rues pendant le vote de l’impeachment de Dilma Rousseff, ce documentaire reflète les thèmes majeurs du mouvement : éducation, culture, féminisme et médias.

* NA MISSÃO, COM KADU (En mission, avec Kadu)
Réalisation : Ajano Bemfica, Kadu Freitas, Pedro Maia de Brito
2016 – 28min – VOSTFR
Dans la lutte pour le logement à Belo Horizonte, un militant, Kadu, avec sa caméra et ses camarades, affronte le pouvoir, les matraques et les bombes lacrymogènes.

Pour la clôture de cette édition de Brésil en Mouvements, nous vous proposons une porno-histoire du Brésil à travers un documentaire engagé

HISTÓRIAS QUE NOSSO CINEMA (NÃO) CONTAVA
Des histoires que notre cinéma racontait (jamais)
Réalisation : Fernanda Pessoa
2017 – 80min – VOSTFR

En pleine dictature militaire, un genre cinématographique populaire prend des orientations inattendues : le « pornochanchada » devient un canal critique de la société de terreur. À travers des comédies érotiques qui échappent à la censure, les relations impitoyables de l’entreprise, la misogynie forcenée, le racisme et la violence politique sont passées au filtre de l’humour grivois. Ce montage rétrospectif, énergique et mordant, donne du relief à des productions totalement oubliées qui se pensaient plus irrévérencieuses que subversives.

Cette année, le festival vous invite à une session hors-les-murs le 14 octobre à 20h au Clos Sauvage au coeur des luttes lycéennes brésiliennes

Venez plonger dans les occupations d’écoles au Brésil et les luttes des lycéennes en colère ! Découvrez le film "Lutte comme une fille" pour sa première sortie en France !

La projection sera suivie d’une discussion et d’un échange autour des occupations d’écoles et des mouvements lycéens au Brésil.

Un bar sera à votre disposition ainsi que des amuses-bouches brésiliennes.

* Lute como uma menina (Lutte comme une fille)
De Flavio Colombini, Beatriz Alonso – 2016 – 78’ – VOSTFR
Les jeunes filles participant des mouvements d’occupation des lycées et des rues affrontent les figures de l’autorité et la violence de la police militaire. Elles mènent une lutte sans relâche et proposent une réflexion sur le féminisme, l’éducation publique et le pouvoir populaire.

Pour plus d’informations, vous retrouverez tous les événements des séances sur notre agenda ainsi que notre page Facebook !

Bon festival à toutes et à tous !
Até breve !
L’équipe d’Autres Brésils

Voir en ligne : Retrouvez le festival sur Facebook

Annonces

Suivez Autres Brésils

Newsletter

Inscrivez vous
Entrez votre adresse pour vous abonner à notre lettre d’infos

La dernière newsletter :

>>> Infolettre n°5 - Brésil en Mouvements

Réseaux sociaux

PNG - 2.2 ko
PNG - 2 ko

Flux RSS

PNG - 1.4 ko

Abonnez-vous au flux RSS