L’alliance de la Bible et du fusil-mitrailleur : ces figures montantes de l’extrême-droite brésilienne

, par Mathilde Dorcadie

Secoué par les scandales de corruption et les intrigues, le Brésil vit actuellement une restructuration complète de son paysage politique, dominé pendant une décennie par le Parti des Travailleurs (PT) et sa figure emblématique, l’ancien syndicaliste Lula. En deux ans, les courants conservateurs et réactionnaires, proches des paramilitaires et des églises évangélistes, ont conquis un espace médiatique sans précédent et infusent lentement leurs idées dans une société qui a perdu confiance dans ses dirigeants. Dans la perspective d’élections anticipées, et dans un contexte de violence politique croissante, Basta ! propose un tour d’horizon des nouvelles droites au Brésil.

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Manifestation d’étudiants de gauche devant la maison du député brésilien d’extrême-droite Jair Bolsonaro, en avril 2016 / CC Mídia NINJA

Perché sur un camion sonorisé, la main posée sur le cœur, un groupe d’hommes et de femmes vêtus de treillis chante l’hymne national brésilien, sous une banderole « Pour une intervention militaire, maintenant ». Nous sommes le dimanche 4 décembre 2016, sur l’avenida Paulista, l’artère principale de São Paulo, en plein cœur de la capitale économique du pays. Autour d’eux, une petite centaine de personnes expriment leur soutien, de manière plus ou moins exaltée, à ces patriotes issus de groupuscules composés d’anciens militaires et de policiers.

Ce jour-là était organisée la dernière manifestation d’ampleur des mouvements Vem Pra Rua et du Movimento Brasil Livre (MBL, Mouvement Brésil Libre) officiellement contre la corruption des parlementaires. Ces deux organisations ont été les fers de lance des manifestations anti-Parti des travailleurs (PT) de 2015 et 2016 pour demander la destitution de la Présidente Dilma Rousseff, poussée définitivement vers la sortie en août dernier. La présence de militants « pro-armée » de SOS Forças Armadas (« SOS Forces armées ») dans le rassemblement, semble alors étonnamment bien tolérée par les manifestants de droite, qui se font prendre en « selfie » un peu plus loin avec les policiers militaires présents pour encadrer l’évènement.

« Les forces armée au Brésil ont une image publique extrêmement positive depuis la Seconde guerre mondiale, explique l’historienne Maud Chirio, spécialiste de la dictature militaire brésilienne [1]. Malgré la dictature, cette image ne s’est jamais dégradée. C’est très frappant en comparaison de ce qui s’est passé dans les pays voisins, l’Argentine et le Chili, où l’image des forces armées s’est effondrée. La confiance envers les militaires comme force de défense des frontières, mais aussi de l’ordre public, voire comme force politique, est présente dans une bonne partie de la société. »

Voir en ligne : Basta !

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