L’agriculture au service de l’éducation populaire

, par CCFD-Terre Solidaire

Acteur historique de l’Éducation Populaire au Brésil, le Centre d’Action Communautaire – partenaire du CCFD-Terre Solidaire – se sert de l’agriculture familiale, rurale et urbaine, comme d’un outil de réflexion aux enjeux de la sécurité alimentaire.


Rosa Alvarenga, Présidente du Centre d’action communautaire, à Rio. © Jean-Claude Gérez/CCFD-Terre Solidaire

Le Centre d’Action Communautaire (CEDAC) a été créé en 1979 par des personnes liées à la jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), de retour d’exil dû à la dictature (1964-1984). « A l’époque, l’objectif était de lutter pour la défense des droits des êtres humains et pour la démocratie, explique Rosa Alvarenga, la Présidente du CEDAC. Concrètement, nous avons, dès le début, formé des membres des mouvements sociaux pour qu’ils puissent mettre sur pied des actions destinées à promouvoir le développement et la citoyenneté à l’aide de processus participatifs d’éducation populaire. »

A l’époque, les organisations syndicales étaient déjà bien organisées. Mais les responsables du CEDAC ont vite diagnostiqué la nécessité d’un vrai travail de fond pour développer des thématiques d’économie solidaire et de développement local. Et c’est en allant sur le terrain, au contact notamment des petits agriculteurs, que le CEDAC a développé de nombreux projets locaux. « Depuis une quinzaine d’années, nous accompagnons des projets d’agriculture familiale en milieu rural et urbain, dans l’état de Rio de Janeiro, précise Rosa Alvarenga. Avec, toujours en ligne de mire, les enjeux nationaux de sécurité alimentaire (voir encadré ci-dessous). »

Réfléchir sur la sécurité alimentaire

L’un des meilleurs exemples est celui de Sao Joao de Miriti, une petite ville située à une heure de route de Rio de Janeiro. « Depuis 2010, nous travaillons sur un programme intitulé « Quintais Verdes », littéralement « arrière-cour vertes », précise Rosa Alvarenga. L’idée est de motiver les populations locales à développer des cultures maraîchères dans l’arrière cour des maisons. Au-delà des conseils de suivi assurés par des agronomes du CEDAC, le défi est de faire en sorte que les gens se regroupent pour mutualiser leurs efforts et leur production avec de créer des circuits de distribution locaux, qui peuvent également prendre la forme de troc. »

Mais l’essentiel est ailleurs. « Car accompagner ces petites cultures, les conseiller sur l’intérêt de jardins suspendus ou sur les méfaits des produits phytosanitaires, est avant tout un excellent moyen de parler de thématiques plus larges comme la sécurité alimentaire et l’importance d’une alimentation saine », insiste Rosa Alvarenga. Renforcer l’articulation de ces groupes d’agriculteurs urbains, faciliter les contacts avec agriculteurs ruraux, travailler sur une politique de prix qui soit à la fois juste et compétitive face à la concurrence avec le système classique… Autant de thèmes qui sont abordés par le CEDAC, au niveau local.

Lire la suite sur : CCFD-Terre Solidaire

Annonces