Coup d’État et retour vers le passé

, par Libération

23 novembre 2016
pour Libération
Par Bruno De Conti

Une manifestante encerclée par les forces de police dans le centre de Rio, le 16 novembre 2016
afp.com - YASUYOSHI CHIBA

La situation économique et politique du Brésil est particulièrement désespérante et inquiétante. Le coup d’État mené contre Dilma Roussef rend possible une politique de régression économique et sociale. Bruno de Conti, économiste brésilien, appelle à la mobilisation des forces progressistes.

La mondialisation que nous connaissons est dans une situation de crise. Cette crise comporte de multiples dimensions ; économiques, politiques et sociales. Ces dimensions s’entremêlent et nourrissent à la fois tristesse, inquiétude comme la certitude qu’il faut réagir. Cette crise globale se décline en variantes nationales. Au Brésil, un processus anti-démocratique a engendré une situation de chaos. L’apogée de la crise politique a été l’impeachment[1] de la présidente Dilma Rousseff. L’histoire de cette décision doit être connue et analysée.

De l’euphorie au retournement

Ces dernières années, les élites locales se sont lancées dans une lutte jusqu’au-boutiste contre le Parti des Travailleurs (PT). La période 2004-2010 avait pourtant été marquée économiquement par une forte croissance économique, provoquée à la fois par le dynamisme de l’économie internationale et par les politiques expansives menées par le gouvernement Lula (politiques sociales et salariales notamment). Dans cette période, chaque classe sociale obtenait une amélioration de son niveau de vie. Le taux de chômage diminuait, les salaires progressaient en termes réels, pendant que le volume des profits augmentait également. La bourse atteignait des records historiques. Au cours de cette période d’euphorie, le Brésil a été présenté comme « le pays du futur ». Il a été désigné organisateur de la Coupe du Monde de football et des Jeux Olympiques. Grâce à la croissance économique, les contradictions internes du régime de croissance pouvaient être masquées.

Si le capitalisme est intrinsèquement instable, le capitalisme des pays périphériques l’est davantage encore. La combinaison des effets de la crise internationale, des fragilités historiques de l’économie brésilienne et des erreurs de politique économique du gouvernement mené par Dilma Rousseff a provoqué une récession économique. Avec celle-ci, les contradictions cachées dans la période d’euphorie sont révélées. Immédiatement, les économistes orthodoxes réclament l’arrêt de la progression des salaires réels, responsable à leurs yeux de tous les maux.

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