Au Brésil, l’opération anticorruption frappe de plein fouet le pouvoir

, par Jean-Mathieu Albertini

Celui qui a été l’artisan de la destitution de Dilma Rousseff, l’ancien président de l’assemblée brésilienne, Eduardo Cunha, a été condamné le 30 mars à quinze ans de prison dans le cadre de l’affaire Lava Jato. Et ce mardi 11 avril, plus de 80 personnalités, dont neuf ministres, ont été mises en cause par le Tribunal fédéral suprême, qui conduit les enquêtes. La gigantesque chasse aux corrompus ouverte en 2014 a déjà donné lieu à 125 condamnations.

Rio de Janeiro (Brésil), de notre correspondant.– « Que Dieu ait pitié de notre nation. Je vote oui. » En moins de 10 secondes, Eduardo Cunha, tout-puissant député évangéliste, justifie son vote en faveur de l’impeachment de Dilma Rousseff, qu’il a largement contribué à rendre possible. Ce 17 avril 2016, cette phrase banale reçoit un tonnerre d’applaudissements dans l’hémicycle surchauffé de la chambre des députés. Un an plus tard, le 30 mars, l’ancien président de la chambre est condamné à 15 ans de prison dans le cadre de l’opération Lava Jato (lavage express). Il tombe pour avoir touché, en 2011, une commission de 1,5 million de réis (500 000 euros) lors de l’achat d’un puits de pétrole au Bénin, dont l’entreprise Petrobras n’a jamais extrait une seule goutte d’or noir.

Voir en ligne : Médiapart

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